
À l'affiche cette saison, 2012-2013
(pour les autres saisons, voir les Archives -
les détails de la saison peuvent changer sans préavis)
Du 11 au 14 septembre 2012, 19h
La sagesse des abeilles - première leçon de Démocrite
Lors du festival Les Escales Improbables
Texte Michel Onfray
Direction Jean Lambert-Wild et Lorenzo Malaguerra
Avec les voix de Michel Onfray, Sam Ashley, Jacqueline Humbert, David Moss, Stéphane Pelliccia, Ania Temler
Imaginez 20 000 abeilles sur scène, seules actrices vivantes d’un spectacle qui leur rend hommage, mises en exergue par le très beau texte du philosophe Michel Onfray écrit pour l’occasion. L’orchestration scénique de Jean Lambert-wild nous ouvre les portes d’un monde étrange et nous invite à prendre conscience du deuil qu’il faudra porter si les abeilles continuaient à disparaître. Cette amnésie qui fait perdre aux abeilles le chemin de la ruche, les laissant mourir hors de chez elles, fait écho à l’amnésie qui frappe les hommes, aujourd’hui souvent bien en peine lorsqu’il s’agit de «converser» avec un monde qu’ils habitent sans plus le contempler.
En prenant la forme d’une réconciliation nécessaire entre l’Homme et le vivant, le spectacle nous rend un univers tout empli du vrombissement d’abeilles qui tourbillonneraient en nous et en-dehors de nous comme les atomes rêvés par Démocrite, nous laissant les oreilles bourdonnantes du murmure de la conversation de l’homme avec le monde, et de l’homme avec lui-même. La disparition des abeilles – à la fois sentinelles et pollinisatrices indispensables à notre survie – signifierait une lourde menace pour l’humanité tout entière. La République des butineuses fait figure de modèle à méditer pour la société humaine. Dit par Michel Onfray, le poème est traité par couches, tel un matériau plastique auquel la musique de Jean-Luc Therminarias insuffle une stratification rehaussée par un souffle électro.
« Notre désir de conversation, il s’adresse non pas entre des acteurs et des abeilles, il s’adresse entre des acteurs, dont certaines sont des abeilles, et des spectateurs. » dit Jean Lambert-wild. Mais comment faire travailler dans le même espace les Hommes et les abeilles ? La solution imaginée promet d’être surprenante…
Musique Jean-Luc Therminarias
Percussions Jean-François Oliver
Images François Royet
Lumières Renaud Lagier
Costumes Annick Serret
Coproduction Comédie de Caen-Centre Dramatique National de Normandie, Théâtre du Crochetan
Avec le soutien de Les Escales Improbables de Montréal, Usine C, Agroscope Liebefeld-Posieux ALP, Eidgenössische Forschungsanstalt, Wild Touch
Présentation Escales Improbables de Montréal, Usine C
Avec le soutien de Consulat général de France à Québec, Institut Français et Conseil Régional de Basse Normandie
Avec la collaboration de Flammarion, Chateau de Cyr
Du 19 au 21 septembre 2012, 20h
Kurt Weill : Cabaret brise-jour et autres manivelles
Musique Kurt Weill
Textes Bertold Brecht, Robert Denos, Ira Gershwin, Maxwell Anderson, Jacques Deval, Ogden Nash
Mise en scène LODHO
Avec Danya Ortmann, Philippe Lessard-Drolet, Lyne Goulet, Simon Elmaleh, Simon Drouin, Jasmin Cloutier, Gabrielle Bouthillier, Bruno Bouchard)
En 2009-10, L’Orchestre d’Hommes-Orchestres (LODHO) posait à deux reprises son bric-à-brac musical à l’Usine C et faisait salle comble avec sa création Joue à Tom Waits. Après une tournée triomphale en Amérique et en Europe, sa folie contagieuse est de retour avec Kurt Weill : Cabaret brise-jour et autres manivelles.
Difficile de définir ce spectacle tant il échappe à toutes les étiquettes. LODHO a su concevoir un univers bien personnel qui navigue entre le cabaret disjoncté et le magasin d’antiquités. Mais attention : derrière ce chaos apparent se cache une très sérieuse formation qui multiplie les talents et est capable de créer de la musique avec tout ce qui passe entre ses doigts.
Cette fois, la compagnie nous entraîne sur les traces de Kurt Weill, génial compositeur entre autres de L’Opéra de quat’sous, ayant fui l’Allemagne en 1933 et qui s’est réfugié en France avant de s’envoler pour New York. Dans un mélange franco-germano-anglais, les huit musiciens-chanteurs-comédiens ravivent les affres de la guerre, les lumières de Broadway et l’atmosphère feutrée des music-halls. Intelligent et déroutant, Kurt Weill : Cabaret brise-jour et autres manivelles marie art actuel et art populaire pour réjouir tous les publics.
Fondé en 2002 à Québec, L’Orchestre d’Hommes-Orchestres est une formation musicale qui a rapidement élargi son champ de pratique pour mettre en place un véritable chantier artistique (musique, performance, théâtre de rue, interventions urbaines). Le résultat ressemble à un art du bricolage interdisciplinaire, en perpétuelle recherche sonore et performative par l’utilisation d’instruments inventés ou puisés dans le quotidien. As des accidents et des mises en danger scéniques, LODHO évite l’écueil de la standardisation.
Conception sonore Frédéric Auger
Lumières Philippe Lessard-Drolet
Machines théâtrales Pascal Robitaille
Production de L'Orchestre d'hommes orchestres
Du 4 au 7 octobre 2012, 20h, à 17h le dimanche 7 octobre
Invisible Tom
Première québécoise
En français : jeudi 3 et vendredi 4 octobre
In English: Saturday and Sunday, Oct. 5-6th
De et avec Anthony Black
Mise en scène Ann-Marie Kerr
2b theatre company débarque avec une création aussi minimaliste qu’engagée, qui va nous mettre face à notre soif d’ascension sociale toujours plus inextinguible.
Authentique épopée à taille humaine, Invisible Atom commence par une « success story », celle d’Atom qui possède tout ce qu’il désire : une petite amie magnifique, une carrière brillante dans la finance, un nouvel enfant. Mais quand il subit un violent revers de fortune, il se retrouve suspendu à un moment précis dans le temps et l’espace, là où sa progression fulgurante s’essouffle et où la chute irréversible lui ouvre les bras. Dans cette fraction de seconde critique, la durée se liquéfie et les lois matérielles s’étiolent. Mais au moins, Atom aura la chance de s’expliquer…
Tout ce qui monte un jour finit-il par redescendre ? À la manière de la physique moderne qui étudie le plus petit comme le plus grand, Invisible Atom pose un regard acerbe sur ces avancées qui nous échappent, à l’intérieur d’un espace scénique intime.
Installée à Halifax, 2b theatre company s’évertue à stimuler la pensée et bousculer les esprits. Sa puissance de frappe se caractérise par sa justesse à sonder l’âme humaine à travers des thématiques variées : les conséquences psychologiques de l’Holocauste (East of Berlin), la lutte contre le cancer (The Story of Mr. Wright), la recherche du confort (When it Rains) ou la reconversion professionnelle (Homage). Lors de sa présentation au Festival Fringe d’Édimbourg, Invisible Atom a remporté un Scotland Herald Angel Award.
Direction de production Louisa Adamson
Son Christian Barry
Lumières Leigh-Ann Vardy
Dramaturgie Ann-Marie Kerr et Christian Barry
Production 2B Theatre Company
Du 10 au 12 octobre 2012, 20h
Snakeskins
De et avec Benoît Lachambre
Avec la participation de Daniele Albanese
Il y a dix ans, Benoît Lachambre présentait son premier solo chorégraphique. Le voici de retour, dansant seul sur scène avec Snakeskins, une pièce multimédia et polysensorielle.
Ce solo, ou plutôt ce « faux solo » car il est accompagné sur le plateau par le compositeur et multi-instrumentiste Hahn Rowe, offre au chorégraphe l’occasion d’affûter les lignes de force qui traversent son travail et de repositionner son action artistique dans le temps présent.
Création portée par la mue et la trace, Snakeskins délivre une chorégraphie reptilienne et organique où Benoît Lachambre condense ses recherches sur la kinésie, l’improvisation et la conscience corporelle. Évoluant dans une structure en perspective qui crée dans l’espace un point de fuite, le corps ondule, s’abandonne, se transforme en fonction des infimes modifications de poids, de symétrie et d’équilibre.
Avec Snakeskins, le chorégraphe et danseur se livre comme jamais, faisant de sa peau une surface de résistance à toutes les idées trop formatées.
Avec sa compagnie Par B.L.eux, Benoît Lachambre a conçu 16 créations tout en multipliant les échanges avec des artistes d’envergure internationale comme Boris Charmatz, Sasha Waltz, Marie Chouinard, Louise Lecavalier ou encore Meg Stuart. Avec cette dernière et le compositeur Hahn Rowe, il a signé Forgeries, Love and Other Matters, récipiendaire en 2006 du prestigieux Bessie Award.
Benoît Lachambre est l’un des quatre artistes en résidence à l’Usine C pour les trois prochaines saisons.
Composition et musique live Hahn Rowe
Scénographie Benoît Lachambre, Philippe Dupeyroux et Yves Godin
Photographie Christine Rose Divito
Lumières Yves Godin
Costumes et accessoires Alexandra Bertaut
Assistants artistiques Daniele Albanese, Hanna Hedman
Direction technique Philippe Dupeyroux
Production Par B.L.eux (Montréal)
Coproduction Kunstenfestivaldesarts, PACT Zollverein - Choreographisches Zentrum NRW, Atelier de Paris-Carolyn Carlson et CDC Paris Réseau/centre de développement chorégraphique, SNDO, La Bâtie – Festival de Genève, Musée de La Danse / Centre Chorégraphique National de Rennes et de Bretagne
Du 30 octobre au 10 novembre 2012, 20h, intégrale 11 novembre dès 15h
Trois romance
Trilogie de Nicolas Cantin
À l’occasion de la présentation de Mygale, la plus récente création de Nicolas Cantin, l’Usine C offre de (re)découvrir ses deux œuvres précédentes. L’ensemble compose une véritable trilogie sous la forme de trois romances qui enjambent gaiement les frontières des genres.
Dès sa pièce « dansante » Grand singe, l’univers de Nicolas Cantin imposait sa différence et ses principales caractéristiques : minimalisme des situations, humour tragicomique et travail méticuleux sur la présence des interprètes. Cette première forme hybride, qui racontait la rencontre entre un homme et une femme, témoignait déjà de son talent pour flairer les fêlures et les absurdités humaines. Avec Belle manière, il récidivait en faisant surgir du plus pur dépouillement les émotions les plus grinçantes, toujours avec cet art maîtrisé de la clownerie. Aujourd’hui dans Mygale, le duo scénique auquel il nous avait habitués devient un quatuor pour encore mieux toucher à la complexité des êtres. Dans un espace presque nu, les quatre protagonistes nous jouent le spectacle de l’intimité, là où la sauvagerie n’est jamais très loin.
Formé au clown, au jeu masqué et à l’improvisation, Nicolas Cantin collabore notamment avec l’École nationale de cirque de Montréal et l’École nationale de théâtre du Canada. En parallèle de ses créations, il a mis en scène Honolulu Punch à la Tohu puis cosigné Patinoire pour la compagnie Les 7 doigts de la main. Il fut également de l’aventure de Tout se pète la gueule, chérie de Fredérick Gravel.
Nicolas Cantin est l’un des quatre artistes en résidence à l’Usine C pour les trois prochaines saisons.
Grand singe (2009) 30 octobre – 1 novembre
De Nicolas Cantin
Avec Anne Thériault, Stéphane Gladyszewski
Lumières Fredérick Gravel
Dramaturgie Peter James
Belle manière (2011) 2, 3, 6 novembre
De Nicolas Cantin
Avec Ashlea Watkin, Normand Marcy
Lumières Fredérick Gravel
Dramaturgie Peter James
Mygale (2012) 8 – 10 novembre
De Nicolas Cantin
Avec Gabrielle Côté, Peter James, Julien Thibeault, Ashlea Watkin
Lumières Alexandre Pilon Guay
Coproduction FTA
Présentation : Usine C
REPORTÉ À UNE DATE INDÉTERMINÉE - Du 5 au 7 décembre 2012, 20h
Moving in this World
De Marie Brassard, Sarah Williams
Avec Sarah Williams
Dans certains rituels initiatiques, les participants s’abandonnent, guidés par un célébrant, et se laissent posséder par l’esprit d’un animal. C’est alors celui-ci qui dicte les mouvements au corps possédé, en modifiant sa routine habituelle. Sous l’influence de certaines drogues, l’humain peut avoir l’impression que son esprit pénètre un autre univers, abandonnant son corps dans celui-ci. Le corps demeure visible, mais ses mouvements sont à peine perceptibles ou semblent dénués de naturel : nous, spectateurs de ce côté-ci, n’observons que les mouvements étranges d’un corps, vaisseau temporairement déserté par l’esprit. Celui-ci s’est échappé dans une autre dimension au delà de ce que nous, ici, pouvons percevoir.
Après une première réflexion réussie sur l’état de solitude et la disparition du corps, la metteur en scène Marie Brassard et la chorégraphe Sarah Williams décident de poursuivre leur collaboration avec une nouvelle création hallucinée et à forte dose technologique. Inspirées par les états altérés de la conscience, elles jouent avec la vidéo, la lumière et le son pour brouiller les perceptions et dédoubler le champ de vision du spectateur en montrant un corps en transe qui bouge alors qu’il se trouve dans ce monde-ci, et ce même corps, vu par l’esprit en transe, alors qu’il bouge dans les paysages imaginaires de cet autre monde, ce monde-là.
Marie Brassard est auteur, metteur en scène et actrice. Après de nombreuses collaborations avec Robert Lepage, elle a poursuivi une carrière de créatrice en solo, explorant les manières possibles d’utiliser le son et la technologie au théâtre. Sarah Williams est débarquée de Vancouver en 1990 pour danser chez La La La Human Steps. Depuis, elle n’a plus quitté Montréal, multipliant collaborations et créations sur scène et en vidéo.
Marie Brassard est l’une des quatre artistes en résidence à l’Usine C pour les trois prochaines saisons.
Musique Jackie Gallant
Vidéo Sabrina Ratté
Production Infrarouge, Sarah Williams
Présentation : Usine C
Du 16 au 18 janvier 2013, 20h
It's Going to Get Worse and Worse and Worse, My Friend
De et avec Lisbeth Gruwez
Après la saisissante présentation de Birth of Prey la saison dernière à l’Usine C, Lisbeth Gruwez revient avec sa nouvelle création, It’s Going to Get Worse and Worse and Worse, My Friend et démontre que le mot se révèle la plus puissante des armes.
Comment le langage s’empare-t-il du mouvement ? Comment le corps parle-t-il ? Tels sont les questionnements de cette création, inspirée des discours enflammés des politiciens et des grands tribuns qui galvanisent les foules, délivrant des messages de paix ou des déclarations de guerre.
Sur scène, nous assistons à une véritable chorégraphie du politique qui mêle séduction, persuasion et intimidation. Aux paroles du télévangéliste ultraconservateur Jimmy Swaggart qui retentissent sur le plateau, répondent les mouvements précis et tranchants de Lisbeth Gruwez, bientôt élevés en transe aussi hypnotique que terrifiante.
À l’heure où les discours haineux resurgissent un peu partout sur la planète, It’s Going to Get Worse and Worse and Worse, My Friend se révèle d’une clairvoyance saisissante.
En collaborant avec le chorégraphe et plasticien Jan Fabre, Lisbeth Gruwez s’est affirmée comme l’une des interprètes les plus iconoclastes de sa génération. À travers As Long as the World Needs a Warrior’s Soul, Je suis sang ou le solo Quando l’uomo principale è una donna, elle a imposé son énergie explosive alliée à une parfaite maîtrise technique pour devenir cette « guerrière de la beauté ». Depuis 2007, elle crée ses propres chorégraphies à travers sa compagnie Voetvolk, fondée avec le musicien et compositeur Maarten Van Cauwenberghe.
Composition et son Maarten Van Cauwenberghe
Style Veronique Branquinho
Conseil artistique Bart Meuleman
Lumières Harry Cole
Remerciements à Tom de Weerdt
Production Voetvolk vzw
Coproduction Grand Theater Groningen, Troubleyn/Jan Fabre, Theater Im Pumpenhaus et AndWhatBeside(s)Death
Diffusion Key Performance
Du 30 janvier au 1er février 2013, 20h
Rouge décanté
D’après le roman de Jeroen Brouwers
Adaptation Guy Cassiers, Dirk Roofthooft, Corien Baart
Mise en scène Guy Cassiers assisté de Hanneke Wolthof
Avec Dirk Roofthooft
En 1943, le Néerlandais Jeroen Brouwers est placé à l’âge de trois ans avec sa sœur, sa mère et sa grand-mère dans un camp d’internement en Indonésie, contrôlé par les Japonais. Trente-huit ans plus tard, alors que sa mère meurt, il se lance dans l’écriture de Rouge décanté et réveille cette période douloureuse de son passé (et de son pays) qui a irrémédiablement brisé les liens avec sa famille.
Ce roman, chef-d’œuvre de la littérature et prix Fémina étranger 1995, prend vie sur scène grâce au magistral Dirk Roofthooft, qui se fait le passeur de ce chant magnifique sur « le souvenir impossible et l’impossibilité de ne pas se souvenir ».
Soucieux d’amener le public au plus profond de l’intime, le metteur en scène Guy Cassiers met au point un système de vidéos et un dispositif sonore qui fragmentent le corps et intensifient la voix pour faire résonner le pouls de ce récit déchirant. Utiliser les ressorts technologiques pour mieux révéler la sensibilité du texte, voilà le pari réussi de Rouge décanté.
Guy Cassiers développe un théâtre multimédia avec l’emploi de caméras, de projections vidéo, de voix amplifiées et de musique interprétée en direct. Adaptant pour la scène des romans de Marguerite Duras, Tolstoï ou Proust, il invente un langage plastique qui s’écarte des conventions scéniques. Son mélange de technologie et de poésie, de littérature et de théâtre, de visuel et de musique aboutit à des œuvres puissantes et sensorielles. Jouée dans quatre langues différentes, Rouge décanté ne cesse de faire le tour du monde depuis près de huit ans.
Dramaturgie Corien Baart, Erwin Jans
Décor, vidéo & lumière Peter Missotten (De Filmfabriek)
Réalisation vidéo Arjen Klerkx
Décor sonore Diederik De Cock
Costumes Katelijne Damen
Accessoires Myriam Van Gucht
Conseillère à la langue française Coraline Lamaison
Traduction Patrick Grilli
Dates antérieures : 24, 25, 26 mai 2007 - Usine C (FTA)
Production Toneelhuis (BE), Ro Theater (NL)
Du 13 au 15 février 2013, 20h
Gob Squad's Kitchen (You've Never Had It So Good)
De et avec Johanna Freiburg, Sean Patten, Berit Stumpf, Sarah Thom, Bastian Trost, Simon Will
Le collectif Gob Squad remonte le temps avec une création sous forme de film réalisé en direct et à forte teneur en mauvais café, dépression nerveuse et coupes de cheveux rétro !
Nous sommes en 1965 et la pop, la sous-culture, la starisation, le féminisme, la drogue et le sexe vont bientôt accélérer le pouls de la planète. À la tête de cette effervescence historique, on retrouve Andy Warhol qui signe Kitchen, un film expérimental sur l’énergie hédoniste et avant-gardiste des sixties.
Cette œuvre pop art sert de point de départ à Gob Squad’s Kitchen qui se donne pour tâche de la refaire à l’identique. Mais comment savoir si l’on ne fait pas fausse route ? Comment reproduire le cinéma underground new-yorkais ? Comment dansaient les gens en 1965 ? De quoi parlaient-ils ? Gob Squad’s Kitchen est un retour autant vers le passé que vers le futur, une quête de l’authenticité, du ici et maintenant, à la recherche des ombres qui se cachent sous le vernis de la modernité.
Né en 1994, Gob Squad réunit sept artistes britanniques et allemands, qui auscultent la rencontre entre le théâtre, les autres arts, les médias et la vie même. S’ils se produisent dans des institutions, ils investissent aussi des lieux plus inhabituels au cœur des villes : magasins, parcs de stationnement, hôtels, maisons privées, etc. Quotidien et illumination, banalité et utopie, réalité et divertissement entrent en collision dans leurs créations qui manient l’humour avec dextérité.
Vidéo Miles Chalcraft
Son Jeff McGrory
Scénographie Chasper Bertschinger
Dramaturgie Christina Runge
Production Gob Squad
Coproduction Volksbuehne am Rosa-Luxemburg-Platz, donaufestival, Nottingham Playhouse et Fierce! Festival
Du 15 février au 2 mars 2013 - version karaoké, 15 février 22h, version solo, 2 mars 21h30 (pour la Nuit Blanche)
Toutes les chansons que j'ai composées
Création et performance Jacob Wren
Entre 1985 et 2004, le codirecteur artistique de PME-ART, Jacob Wren, a écrit des chansons, beaucoup de chansons. Projet protéiforme et décentralisé, Toutes les chansons que j’ai composées fait appel à des collaborateurs de renom de différentes communautés de Düsseldorf, Mannheim, Stockholm et Montréal. Dans chaque ville, le compositeur tente de convaincre des « bands » de toutes allégeances musicales de faire un « cover » d’une chanson de ce répertoire parfaitement inconnu.
Pour fêter le lancement du site Internet du projet Toutes les chansons…, PME-ART invite le public de l’Usine C à interpréter ses chansons, dans le cadre d’un karaoké plus que convivial. Deux semaines plus tard, dans le cadre de la Nuit Blanche, Jacob Wren interprétera toutes ses chansons en ordre chronologique et chantées bout à bout pendant plus de cinq heures, formant ainsi un portrait de sa vie mais aussi des deux décennies au cours desquelles elles ont été écrites.
Au cours des quinze dernières années, PME-ART a présenté ses créations dans plus de trente-cinq villes au Québec, au Canada, en Europe, au Japon et aux États-Unis. Le groupe s’est fait connaître avec En français comme en anglais, it’s easy to criticize, La famille se crée en copulant et HOSPITALITÉ 3: l’individualisme est une erreur, présentées à l’Usine C entre 2002 et 2008. Le travail de PME-ART est un processus continu qui interroge et commente la société aussi bien que les modes de représentation et de performance.
Réalisation studio et régie karaoké Radwan Ghazi Moumneh
Conception graphique et site internet Uniform
Consultante artistique Patricia Boushel
Direction technique Mathieu Chartrand
Production PME-ART
Coproduction FFT et plusieurs autres partenaires
Du 21 au 23 février 2013, 20h
Le iShow (ou Je m'occupe de transférer le message à Chanda)
Dramaturgie Sarah Berthiaume, Édith Patenaude, Gilles Poulin-Denis
Mise en scène Maxime Carbonneau, Philippe Cyr, Laurence Dauphinais
Avec Hugo B. Lefort, Émile Beaudry, François Édouard Bernier, Sarah Berthiaume, Maxime Carbonneau, Patrice Charbonneau-Brunelle, Nathaly Charrette, Philippe Cyr, Laurence Dauphinais, Dominique Leclerc, Emilie Leclerc, Chanda Legroulx, Édith Patenaude, Gilles Poulin-Denis, Audrey Talbot.
« Nous nous sommes rencontrés autour de l’idée imposée des médias sociaux. Froid et convenu. Et puis non, il s’agissait plutôt de nous, de l’image que nous construisions, de notre besoin irrépressible de trouver une façon de nous rendre vers l’autre. Mais pour lui dire quoi ? Pour lui montrer quoi ? Qu’avons-nous donc à exhiber de façon si essentielle, si pressante, si généralisée ? Peut-être simplement notre peau. Peut-être aussi son envers. Accrochés à nos écrans, dans l’urgence, nous avons donc cherché l’autre pour lui montrer quelque chose de nous, n’importe quoi, avant qu’il ne soit trop tard pour l’intimité. »
Avec le iShow, les Petites Cellules Chaudes proposent une création périlleuse, où elles sont constamment en danger, dans l’obligation de se commettre, de se révéler. Le spectacle intègre la participation d’inconnus via des modes de communication publique et volontaire, où les utilisateurs s’exposent à ce genre de danger. Chatroulette, un site web qui met des internautes en relation de manière aléatoire, sert de fil conducteur à la représentation.
Par un enchaînement de tableaux, le iShow explore différentes caractéristiques de la rencontre, qu’elle soit virtuelle ou réelle. Quinze artistes réunis autour d’une même table, projetés sur trois écrans, se mettent à la merci d’une technologie imprévisible pour questionner ce geste anodin que nous faisons chaque jour en consultant notre téléphone portable ou notre ordinateur. Chaque jour, nous exposons. Chaque jour, nous montrons. Chaque jour, je montre. Every day, I show.
Scénographie Patrice Charbonneau-Brunelle
Technique Hugo B.Lefort
Lumières Marie-Ève Pageau
Son Ian Hattwick
Créé dans le cadre du OFFTA 2012
Présentation : Usine C et Agora de la danse
Du 26 février au 9 mars 2013, 20h
Les hivers de grâce de Henry David Thoreau
Texte et mise en scène Denis Lavalou d’après les écrits de H.D. Thoreau
Conseil dramaturgique et direction du jeu Marie-Josée Gauthier
Avec Denis Lavalou, Jean Marchand, Marcel Pomerlo
En 1862 décédait Henry David Thoreau, premier philosophe à développer le concept de désobéissance civile. Alors que nous venons de fêter le 150e anniversaire de sa disparition, le Théâtre Complice ravive la mémoire de cet érudit dont les idées visionnaires nous nourrissent toujours sans qu’on s’en aperçoive.
Politicien de l’environnement, chantre de l’esprit social, modèle de la différence, antiesclavagiste, bouddhiste de nature, précurseur de l’écologie et de la simplicité volontaire, combattant de la surconsommation, Thoreau fut tout cela à la fois.
Sur scène, les trois comédiens Denis Lavalou, Jean Marchand et Marcel Pomerlo engendrent une sorte de personnage tricéphale formé des trois facettes distinctes de Thoreau : l’amoureux de la nature, l’homme en quête de spiritualité et l’activiste politique. Autour d’eux, des projections vidéo inventent des paysages naturels et sensoriels dans lesquels les mots s’accrochent pour une symbiose parfaite entre l’observation du monde et la construction de la pensée, l’acte et la parole, le mystère et la métaphysique, le voyage et l’introspection.
Spectacle fusionnant mots, musique et images, Les hivers de grâce est une libre déambulation dans l’œuvre du philosophe pour tenter de retrouver un peu d’optimisme et d’enthousiasme malgré la tangente actuelle du monde qui s’obstine à foncer droit dans le mur.
Faire découvrir au public des écritures singulières d’hier et d’aujourd’hui, telle est la mission du Théâtre Complice. En perpétuelle recherche de nouveaux territoires émotionnels, la compagnie s’interroge sur la perte de repères des sociétés et des humains à travers ses mises en scène de textes de Marguerite Duras, Philippe Besson, Marie-Line Laplante, Daniel Keene ou Fabrice Melquiot.
Création et réalisation images Frédéric Saint-Hilaire
Scénographie et accessoires Cédric Lord
Lumières Stéphane Ménigot
Costumes Anne-Séguin Poirier
Trame sonore Éric Forget
Direction de production Benoît Brodeur
roduction Théâtre Complice
Du 20 au 22 mars 2013, 20h
Goodbye
Chorégraphie Mélanie Demers
Avec Mélanie Demers, Brianna Lombardo, Chi Long, Jacques Poulin-Denis
Après le succès de Junkyard/Paradis présentée la saison dernière à l’Usine C, Mélanie Demers revient avec Goodbye et poursuit son questionnement sur l’état du monde et les responsabilités individuelles.
Construit comme un implacable guide de l’adieu, Goodbye met en scène la multitude de petites morts que nous vivons quotidiennement. Et surtout notre réflexe à nous inventer et nous réinventer pour survivre aux imperceptibles deuils qui peuplent nos jours. En remontant le sens, en démontant et démontrant les ficelles de la représentation et en jouant de ses codes, les quatre protagonistes tissent, sur le plateau, le lien entre la création d’une œuvre et la création du monde.
Monstre doué d’instinct et d’intelligence, échappant au pouvoir de ses créateurs, Goodbye se multiplie et se fractionne, se répète et se fragmente pour se perdre dans son propre labyrinthe. Avec cette nouvelle pièce, Mélanie Demers invite le public à remettre en cause ses certitudes et sa façon d’appréhender le spectacle. Maîtrisé et captivant.
Depuis la fondation de sa compagnie Mayday en 2007, Mélanie Demers crée des œuvres politiques et poétiques qui résonnent autant comme des appels au secours que des invitations à la transformation. Épris d’une grande liberté d’esprit et de préoccupations très contemporaines, ses spectacles connaissent un rayonnement international avec des présentations dans une trentaine de villes en Europe, en Amérique, en Afrique et en Asie.
Mélanie Demers est l’une des quatre artistes en résidence à l’Usine C pour les trois prochaines saisons.
Musique originale Jean-Sébastien Côté
Lumières et direction technique Alexandre Pilon-Guay
Travail de voix Sabrina Reeves
Assistante aux répétitions Anne-Marie Jourdenais
Coproduction Festival TransAmériques
Résidences de création Garage Nardini, Compagnie Marie Chouinard, Usine C, Circuit-Est centre chorégraphique et Centre de Création O Vertigo
Du 23 au 27 avril 2013, 20h, 28 avril 15h
Kiss & Cry
Idée originale Michèle Anne De Mey, Jaco Van Dormael
Chorégraphie et NanoDanses Michèle Anne De Mey, Gregory Grosjean
Mise en scène Jaco Van Dormael
Création collective Michèle Anne De Mey, Gregory Grosjean, Thomas Gunzig, Julien Lambert, Sylvie Olivé, Nicolas Olivier, Jaco Van Dormael
Texte Thomas Gunzig
Scénario Thomas Gunzig et Jaco Van Dormael
Après avoir créé l’événement la saison dernière, Kiss & Cry fait une seconde halte à l’Usine C, après une tournée triomphale au Brésil, au Chili, au Liban et en France.
Une femme, seule sur le quai d’une gare, se demande où vont les gens quand ils disparaissent de notre vie, de notre mémoire. Elle se met à penser à tous ces disparus évanouis dans les brumes de l’existence. Où sont-ils ? S’ouvre alors littéralement le tiroir des souvenirs…
Captation d’images et projection simultanée, ballet chorégraphique conçu pour les mains, Kiss & Cry réussit le pari de révéler l’envers du décor sans en briser la magie. Au contraire, en dévoilant leurs bricolages et secrets de fabrication, les créateurs Michèle Anne De Mey et Jaco Van Dormael insufflent à la représentation une poésie et une fragilité inédites. Sous les yeux des spectateurs, des doigts se transforment en patineurs, quelques gouttes d’eau deviennent un océan, le souffle d’un homme se fait vent furieux.
Miniaturisation, illusions d’optique, orfèvrerie du détail, chansons nostalgiques : l’imaginaire inaugure ici une nouvelle manière de raconter aux frontières des genres. Préparez-vous à recouvrer votre âme d’enfant devant cette œuvre à la maîtrise féérique.
Kiss & Cry est porté par un collectif belge qui bouscule les normes des disciplines artistiques et façonne un spectacle chaque jour différent. À l’origine du groupe, on retrouve Michèle Anne De Mey, chorégraphe notamment de Sinfonia Eroica et 13 Reasons… (to sing), et Jaco Van Dormael, cinéaste encensé pour ses films Toto le héros, Le huitième jour et Mr. Nobody
Lumières Nicolas Olivier
Images Julien Lambert
Production Charleroi/Danses, Centre chorégraphique de la Communauté française, Le manège.mons/Centre Dramatique et Théâtres de la Ville de Luxembourg.
Du 9 au 11 mai 2013, 20h
Quatre créations
Conception, mise en scène, interprétation Jonathan Burrows et Matteo Fargion
L’Usine C reçoit pour la première fois à Montréal Jonathan Burrows et Matteo Fargion, deux artistes qui ne cessent d’agiter la scène internationale depuis 20 ans avec plus de 200 représentations à travers une trentaine de pays.
Après leurs premières collaborations où Jonathan Burrows chorégraphiait et Matteo Fargion composait la musique, les deux hommes démarrent, en 2002, une série de duos qui va modifier leur rôle dans le processus de création puisque désormais tous deux conçoivent, chorégraphient, composent et interprètent à part entière leurs œuvres communes. Fins analystes de la frontière subtile entre la danse et la musique, leurs spectacles se caractérisent par leur rythmique et une simplicité apparente derrière laquelle se cachent une belle virtuosité et un humour bien marqué. En 2004, ils reçoivent un Bessie Award pour Both Sitting Duet.
Deborah Jowitt, influente critique new-yorkaise, a écrit à propos de Cheap Lecture : « Lorsque je m’ennuie pendant un spectacle, je rêve que le rideau en ait assez lui aussi, qu’il tombe, balaie le tout et le remplace par Burrows et Fargion ! »
Jonathan Burrows a été formé au Royal Ballet de Londres avant de créer la compagnie The Jonathan Burrows Group. En parallèle de son travail avec Matteo Fargion, il multiplie les collaborations notamment avec Sylvie Guillem, Adrian Heathfield ou encore Akram Khan.
Matteo Fargion a étudié la composition musicale auprès du compositeur Kevin Volans. C’est en 1989 qu’il commence à écrire pour des chorégraphes, d’abord Jonathan Burrows puis Lynda Gaudreau, Jeremy James, Karl Jay-Lewin, Russell Maliphant et Siobhan Davies.
Cheap Lecture + The Cow Piece 9 – 10 mai
Counting to One Hundred + One Flute Note 11 mai
Avec le soutien de Kaaitheater, Pact Zollverein, Sadler's Wells Theatre et Teatergarsjen
Présentation Usine C