Théâtre du Nouveau Monde
À l'affiche cette saison, 2011-2012
(pour les autres saisons, voir les Archives -
les détails de la saison peuvent changer sans préavis)
Du 4 au 29 octobre 2011
L'école des femmes
Texte de Molière
Mise en scène Yves Desgagnés
Avec Jean-Philippe Baril Guérard, Henri Chassé, Pierre Collin, Louison Danis, Sophie Desmarais, Mathieu Handfield, Raymond Legault, . Miro, Guy Nadon
Arnolphe, à un âge déjà bien mûr, s’apprête à réaliser son rêve : épouser la toute jeune Agnès qu’il a fait élever dans l’ignorance et l’isolement afin d’avoir une femme qui ne troublera pas sa quiétude par son indépendance d’esprit et ses idées nouvelles. Avec cette pièce où pour la première fois, au grand scandale de ses contemporains, un auteur de théâtre décide de se mêler de l’éducation et de l’autonomie des femmes, Molière est devenu Molière, faisant par ce coup d’éclat entrer la critique sociale dans le champ de la comédie.
Pour inaugurer la saison de ses 60 ans, le TNM se tourne de nouveau vers son plus fidèle complice, vers celui qui, depuis le tout début en octobre 1951, s’est joint de façon permanente à notre équipe sans jamais cesser de nous inspirer par son esprit de troupe, sa lucidité et son génie : Molière.
Quand le TNM présente L’École des femmes la vérité humaine de la pièce crée toujours un impact mémorable : les mises en scène de Jean Gascon en 1965 et de René Richard Cyr en 1990 ont marqué notre histoire. Depuis des années, l’exceptionnel Guy Nadon attendait le bon moment pour aborder Arnolphe – sûrement le plus pathétique des personnages moliéresques. Quant au rôle d’Agnès, que l’on offre depuis plus de trois cents ans à une jeune comédienne dont on veut révéler le talent, il est cette fois-ci offert à Sophie Desmarais dont la sensibilité à fleur de peau sied admirablement au rôle. À la mise en scène, Yves Desgagnés, qui a enchanté notre public avec ses superbes comédies shakespeariennes, aborde enfin Molière !
Équipe de concepteurs : Claude Accolas, François Cyr, Martin Ferland, Daniel Fortin, Catherine Gadouas, Claude Lemelin, Valérie Lévesque, Julie Measroch
L'ÉCOLE DES FEMMES en sorties (2011)
Du 15 novembre au 10 décembre 2011
Ha Ha!...
Texte Réjean Ducharme
Mise en scène Dominic Champagne
Avec Marc Béland, Anne-Marie Cadieux, Sophie Cadieux, François Papineau
Bien installé dans son lazy-boy, Roger, le poète, passe son temps à enregistrer avec une jubilation maniaque des «Bedits Discours», malmenant férocement le langage dans l’espoir de déglinguer sa vie, celle des autres et, pourquoi pas, l’univers. À ses côtés, Sophie, crâneuse, volontaire, s’étourdit avec un appétit de vivre féroce dans cet «Éden de dead-end», lorsqu’un couple d’amis, Bernard et Mimi, envahit leur appartement. Ils ont tout perdu, gracieuseté de Bernard qui a tout englouti, lui-même le premier, dans des Niagara de vodka. Tant qu’à faire une course pour toucher le fond du baril, pourquoi ne pas tout démolir sur son passage ? Surtout qu’une victime toute rêvée s’offre à eux : Mimi, hypersensible, assoiffée d’amour, pour qui la vie est tout, sauf un jeu. Ducharme, comme toujours, perce les murs des langages pour que l’on puisse entrevoir l’infini.
Réjean Ducharme, qui tord littéralement le langage pour en révéler l’absolu qui nous échappe dans la vie, accompagne le TNM depuis plus de quarante ans. La création de HA ha !... en 1978 par Jean-Pierre Ronfard et la reprise de 1990 par Lorraine Pintal font partie des grands moments de notre compagnie.
Pour cette nouvelle production, Dominic Champagne est enfin de retour au TNM pour orchestrer ce délirant requiem pour nos idéaux perdus. Avec lui pour porter la langue jubilatoire et cruelle du plus insaisissable de nos auteurs, un quatuor de choc : Anne-Marie Cadieux et François Papineau, Marc Béland et Sophie Cadieux.
Équipe de concepteurs : Etienne Boucher, Michel Crête, Guillaume Cyr, Michel Smith
Du 17 janvier au 11 février 2012
Le dindon
Texte de Georges Feydon
Mise en scène Normand Chouinard
Avec Carl Béchard, Adrien Bletton, Normand Carrière, Jean-Pierre Chartrand, Violette Chauveau, Guillaume Cyr, Alexandre Daneau, Rémy Girard, Marie-Pier Labrecque, Roger La Rue, Véronique Le Flaguais, Catherine Le Gresley, Danièle Panneton, Sébastien René, Linda Sorgini, Alain Zouvi
Pontagnac – tout comme le jeune Rédillon – court après toutes les femmes, dont Lucienne, qui se laisserait bien attraper par l’un ou l’autre, si son Vatelin de mari avait au moins l’intelligente initiative d’être le premier à la tromper. Il y aurait alors l’imparable excuse de la vengeance et tout le monde serait content. Mais comme on est chez Feydeau, la tromperie, en dépit des tribulations et des tripotages, ne triomphe jamais ! Faire monter le désir pour ensuite le frustrer grâce à un implacable enchaînement d’événements d’une complexité aussi folle que parfaitement logique, voilà l’art de cet auteur qui, bien avant Kafka, avait découvert que le monde était devenu trop emberlificoté pour que l’être humain puisse même espérer s’y retrouver.
Le théâtre n’est pas le théâtre s’il n’est pas aussi une fête de la folie humaine. Au TNM, Le Dindon, révélé au public montréalais par Jean Gascon en 1960 et repris en 1978 par André Brassard, incarne de façon privilégiée cet esprit à la fois brillant et festif.
Pour cette nouvelle production, Normand Chouinard, fin connaisseur de la Belle Époque et Maître-ès-Feydeau, a rassemblé une troupe d’acteurs débridés à la tête de laquelle l’éblouissant Rémy Girard fait un retour attendu sur notre scène.
Équipe de concepteurs : Claude Accolas, Jean Bard, Normand Blais, Suzanne Harel, Geneviève Lagacé, Pierre-Guy Lapointe, Yves Morin, Jacques-Lee Pelletier
LE DINDON en sorties (2012)
Du 13 mars au 7 avril 2012
L'Histoire du roi Lear
Texte Shakespeare
Traduction Normand Chaurette
Mise en scène Denis Marleau
Avec Jean-François Blanchard, David Boutin, Jean-François Casabonne, Denis Gravereaux, Bruno Marcil, Pascale Montpetit, Vincent-Guillaume Otis, Gilles Renaud, Évelyne Rompré, Jean-Louis Roux, Paul Savoie, Marie-Hélène Thibault
Dès le moment où il renonce à sa couronne, en léguant son pouvoir à ses deux aînées, le vieux roi Lear est sauvagement précipité dans un monde d’errance forcée, où les apparences sont trompeuses, où ceux qui jurent l’aimer le méprisent, où les justes ne peuvent survivre que déguisés en miséreux, où toute loi humaine est renversée par son contraire. Dans ce chaos hurlant tissé d’ingratitude, de rapacité, de violences inouïes, le vieux Lear se retrouve brutalement dépouillé de ses appuis, de sa dignité, de ses illusions, de sa raison. Dans la lande déserte cravachée par le vent, entouré de proscrits, Lear entreprend alors confusément de trouver le sens de sa propre existence. Toutes les grandes forces qui façonnent une vie humaine – le désir, les liens du sang, le pouvoir, l’usure du temps – Shakespeare les a mises à l’épreuve dans la plus moderne de ses tragédies.
Depuis sa fondation, le TNM se veut le lieu où l’on donne vie, vitalité et actualité aux grands textes qui ont illuminé l’histoire de l’humanité – dont les titanesques constructions tragiques de Shakespeare.
Pour créer un Roi Lear à la hauteur des bouleversements qui agitent notre monde, le TNM fait appel au talent magistral de Denis Marleau qui célèbre cette année les 30 ans de sa compagnie de création, UBU. Il a choisi de confier le rôle-titre à un comédien majeur aujourd’hui au sommet de son art : Gilles Renaud. Quant à la traduction, signée Normand Chaurette, elle est tranchante comme un sabre.
Équipe de concepteurs : Angelo Barsetti, Julien Éclancher, Martin Émond, Stéphanie Jasmin, Guillaume Lachapelle, Pierre Laniel, Isabelle Larivière, Stéphane Longpré, Robert Normandeau, Marc Parent
Production TNM en collaboration avec UBU compagnie de création
Du 8 mai au 6 juin 2012
Des Femmes
Les Trachiniennes / Antigone / Électre
Textes de Sophocle
Traduction de Robert Davreu
Mise en scène Wajdi Mouawad
Avec Pierre Ascaride, Bertrand Cantat, Olivier Constant, Sylvie Drapeau, Bernard Falaise, Charlotte Farcet, Raoul Fernandez, Pascal Humbert, Patrick Le Mauff, Sara Llorca, Alexander MacSween, Marie-Ève Perron, Emmanuel Schwartz
Le TNM couronne cette saison anniversaire par un événement exceptionnel : une trilogie consacrée aux héroïnes de Sophocle signée Wajdi Mouawad.
Le créateur d’Incendies – une des plus bouleversantes fictions théâtrales récemment présentés au TNM – offre cette fois-ci un spectacle-fleuve où il se fait le porte-voix d’une parole qui n’a cessé de résonner depuis vingt-cinq siècles.
Entre Sophocle et Wajdi Mouawad existe un lien puissant, presque filial. Depuis son entrée en théâtre, Mouawad se nourrit de la fougue et de la profondeur des tragédies de Sophocle. Maintenant, il remonte à la source pour traverser l’œuvre du premier auteur qui, dans l’histoire de l’humanité, a mis sur scène une vérité alors inouïe : nos malheurs ne viennent pas des dieux mais des décisions humaines.
Entouré d’une équipe franco-québécoise digne des grandes scènes du monde où elle jouera ce marathon théâtral, Wajdi Mouawad, grâce à la traduction actuelle et rythmée du poète et helléniste Robert Davreu, nous fait vivre à quel point les héroïnes de Sophocle, Les Trachiniennes, Antigone, Électre, sont encore nos contemporaines.
Ces femmes, créées par Sophocle, vivent dans un monde instable où la soif de pouvoir des mâles et la force des armes ne cessent de détruire et de rebâtir les villes et les vies. Elles font toutes le même choix dangereux : être fidèles aux lois humaines plutôt qu’aux lois des hommes. Déjanire : fidèle à l’amour. Antigone : fidèle aux lois du sang. Électre : fidèle à la justice.
La trilogie complète ou l'une ou l'autre des trois pièces.
Du théâtre qui suspend le temps quotidien. Wajdi Mouawad, afin de redonner à ce théâtre l’authenticité de son souffle, présente comme dans l’Antiquité grecque ces trois pièces d’affilée. Les spectacles de théâtre dont la durée défie nos habitudes nous projettent dans une autre façon de vivre le temps.
Vous pouvez assister à la trilogie complète le samedi ou le dimanche ou, en semaine, voir l’une ou l’autre des trois pièces présentées en alternance.
La Trilogie : 5 - 6 - 12 - 13 - 19 - 20 - 26 - 27 mai / 2 - 3 juin 2012 (représentations à 14 h)
Les Trachiniennes
Les femmes de Trachis sont inquiètes : leur souveraine, Déjanire, se désespère : son époux, Héraclès, parti en expédition guerrière, aurait été tué. Mais voici qu’arrive la nouvelle qu’Héraclès est vivant et victorieux. Déjà, un contingent de captives est emmené au palais. Parmi elles, une princesse, jeune, fière et saisissante de beauté. Déjanire comprend immédiatement : une femme plus jeune va la remplacer dans le lit du roi. Bouleversée par la douleur, elle se tourne vers l’irrationnel : elle envoie à Héraclès une tunique enduite du sang du centaure Nessos, qui doit faire en sorte « qu’aucune femme ne l’emportera sur elle ».
Tragédie du désir qui annihile la raison, ce récit haletant livre un des plus grands portraits jamais créés d’une amoureuse trahie.
8 - 15 - 22 - 29 mai / 4 juin 2012 - 20 h
Antigone
À Thèbes, on ramasse encore les cadavres de la bataille qui vient de mettre fin à la guerre civile entre les milices des fils d’Œdipe, Étéocle et Polynice. Les deux se sont entretués et pour mettre fin à la confusion, Créon s’est emparé du pouvoir, décrétant Étéocle un héros et Polynice un traître dont le corps sera abandonné aux vautours et aux chiens errants. Mais Antigone, la sœur des deux chefs de guerre, décide à main nue d’enterrer le corps de Polynice. Elle est arrêtée et emmenée devant Créon.
Commence alors une des plus grandes confrontations jamais écrites : un chef d’État face à une inflexible jeune femme qui lui tient tête en affirmant que les lois des dieux sont plus humaines que celles des hommes.
9 - 16 - 23 - 30 mai / 5 juin 2012 - 20 h
Électre
Elle se tient devant le palais de Mycène, squelettique, échevelée, l’imprécation à la bouche : Électre, fille de Clytemnestre et d’Agamemnon, qui ne se nourrit que de souvenirs et à qui l’on jette les restes de cuisine. Elle n’existe plus que pour venger son père, assassiné à son retour de Troie par Clytemnestre et son amant Égisthe en réponse au sacrifice d’Iphigénie. Qu’importe que Clytemnestre soit sa mère et qu’Iphigénie ait été sa soeur : Électre réclame la justice du sang, appelant le retour de son frère Oreste qui saura par son épée nettoyer le palais.
La vengeance est-elle justice ? Sophocle, avec une conclusion effroyablement moderne, laisse l’entière réponse au spectateur.
10 - 17 - 24 - 31 mai / 6 juin 2012 - 20 h
Équipe de concepteurs : Angelo Barsetti, Bertrand Cantat, Éric Champoux, Emmanuel Clolus, Bernard Falaise, Pascal Humbert, François Ismert, Isabelle Larivière, Alexander MacSween, Michel Maurer, Alain Roy
Compagnies de création : Au Carré de l'Hypoténuse (France) / Abé Carré Cé Carré (Québec)