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19-20-21-22 août 2010 (anglais)
26-27-28-29 août 2010 (français)
The Second Coming of Joan of Arc /
La résurrection de Jeanne d'Arc
Play by/Texte de Carolyn Gage
Traduction en français par Stéphanie Sullivan
Directed by / Mise en scène Liz Valdez
Starring/Avec Caitie Parsons
Joan of Arc led an army to victory at age seventeen. At eighteen, she arranged the coronation of a king. At nineteen, she went up against the entire Catholic church … and lost. Her trial lasted five months, and the testimony by witnesses was carefully transcribed by notaries. Twenty years after her death, a new trial was authorized, and again detailed records were kept. There was testimony by her childhood playmates, by her parents, by the women who slept with her, by the soldiers who served under her, by the priests who confessed her, by those who witnessed and administered her torture. She is the most thoroughly documented figure of the fifteen century. So why then do the myths about the simpleminded peasant girl, the pious virgin, still prevail in the history books?

Joan returns to share her story with a contemporary audience. She reveals her experience with the highest levels of church, state, and military, as she unmasks the brutal misogyny behind these male dominated institutions. The text is inspired by the source material of Vita Sackville-West’s biography on the complete translations of the trial transcripts. Here Joan attempts, through subtle movement and raw expressive dialogue, to remove the myth from the coats of venir of colourful folklore that have covered ‘Herstory' in 'History’ by the distortions and trivializations of male historians.

Jeanne d'Arc (1412–1431) mena une armée à la victoire à l'âge de dix-sept ans. A dix-huit ans, elle orchestra le couronnement d'un roi. A dix-huit ans, elle se dressa contre l'église catholique...et échoua. Son procès dura cinq mois, et les témoignages furent soigneusement retranscrits par les notaires. Vingt ans après sa mort, un nouveau procès fut autorisé, et à nouveau des récits détaillés furent conservés. Il s'agissait des témoignages de ses amies d'enfance, ses parents, les femmes qui dormirent avec elle, les soldats qui servirent sous ses ordres, les prêtres qui reçurent sa confession, ceux qui furent témoins et tortionnaires. Elle fut le personnage historique le plus documenté du quinzième siècle. Alors pourquoi le mythe de la paysanne simplette est-il toujours répandu dans nos livres d'histoire?

Jeanne revient pour partager son histoire avec un auditoire contemporain. Elle révèle son expérience avec les élites de l'Église, de l'état et de l'armée et démasque ainsi la brutale misogynie derrière ces institutions essentiellement dominées par les hommes. Cette pièce est inspirée de la biographie de Jeanne par Vita Sackville-West, qui est basée sur la traduction complète de la transcription du procès. Ici Jeanne tente, par les mouvements subtils et un dialogue très expressif de défaire le mythe afin d'aller à l'essence du folklore qui reflète son histoire depuis des siècles. Elle tente de faire la lumière sur celle-ci en dépit des déformations et trivialités faites par les historiens masculins.

A one women solo performance; one act of 80min. Presented the first week in English, and the second week in French.

Un spectacle solo féminin qui sera présenté en anglais et en français lors de sa tournée au Québec, en Ontario, et dans l'est du Canada durant la saison 2010-2011

Stage managed by; Chad Dembski
Set & light design by: Néomi Poulin
Costume & makeup design by: Mélanie-Ann Fallnbigl
Original music by: Pamela Pachel
Sound design by: Sukhi Benning
Space configuration design by: Davyn Ryall
Special graphics design by: Gianni Perugini
Videography and photography: Jeremy Hall

TALK BACK SESSIONS: w/ Artist, director, and some of the design team.
Thursday, August 19th following the performance @ 22:00

Tickets: Adults 15$ Seniors 12$ Students 10$

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Village Scene Productions - site web de la pièce en anglais - en français

Freestanding Room
4324 St-Laurent 3rd floor
Advance purchase: www.lavitrine.com

Or at the door at 8pm, 30 minutes prior each performance at 8:30pm.
(Cash only at the venue.) Limited seating, advance purchase recommended.
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 Critique
Critique
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par David Lefebvre

Productions Village Scene existe maintenant depuis dix ans et est issue de la communauté homosexuelle montréalaise. La compagnie désire «stimuler le changement et transformer notre société multiculturelle par le biais du théâtre». Fait encore plus intéressant, elle présente des spectacles bilingues, dans le même laps de temps, une opportunité dans notre contexte culturel particulier. La résurrection de Jeanne d'Arc est sa plus récente création.

Le texte de Carolyn Gage s'inspire de l'une des figures les plus emblématiques de l'histoire de la France, soit Jeanne Romée, dite la Pucelle d'Orléans, dite Jeanne d'Arc. L'histoire de sa courte vie est certes spectaculaire : que ce soit pour ses origines modestes, les voix mystérieuses qu’elle entendait, son ascension à la tête d'une armée, ses victoires, sa capture par les Anglais, son procès ou sa terrible exécution. Elle fut accusée de désobéissance à ses parents. On lui reprocha de porter des habits masculins. De graves péchés en somme. Mais l'Église ne tolère pas la concurrence. Carolyn Gage s'inspire de cette battante, persuadée du bien-fondé de sa mission, pour en faire une figure lesbienne, représentant la quête d'identité, les perceptions, le rejet, l'abandon. La résurrection de Jeanne d'Arc est donc un texte fort, revendicateur, profondément engagé et féministe.

La pièce est présentée en anglais et en français, à quelques jours d'intervalle. N'ayant pas vu la version anglophone, nous ne pouvons malheureusement comparer. La version francophone du texte, traduit par Stéphanie Sullivan, manque légèrement de souplesse, mais se rattrape dans l'émotion et le choix des mots, surtout lors de la dernière scène. Choisie parmi 35 concurrentes, c'est la comédienne montréalaise Caitie Parsons qui incarne la Jeanne imaginée par Gage, dans la toute petite salle du Freestanding Room qui compte une trentaine de places. Caitie Parsons navigue littéralement entre les spectateurs, les regardant droit dans les yeux. Aucun quatrième mur, aucun filet ; la jeune femme est seule pour se défendre. Un défi qu’elle relève, non sans effort. Lors de la première, la jeune comédienne était nerveuse et voulait sincèrement livrer le texte de manière le plus juste possible (et lui rendre justice, comme elle le dira après la représentation). Le jeu était donc figé pendant une bonne partie de la représentation, et la diction, quoiqu’excellente, manquait énormément de naturel. Par contre, nous sentons tout le travail effectué par la comédienne, et d'ici quelques représentations, nous pouvons prédire que la pièce n'en sera que plus intense et plus captivante.

La mise en scène de Liz Valdez utilise le corps de Parsons et l'impact des mots de Gage. Plusieurs gestes sont symboliques ; on s'agenouille, on déchire en morceaux des images de Jeanne, on prend place sur le bûcher. La robe rouge et noire prend plusieurs significations, de l'identité de la jeune fille aux perceptions machistes, jusqu'à prendre la forme du corps désarticulé de Jeanne, torturée dans sa cellule. Le texte est très dur envers les instances religieuses et les hommes. Même si on a voulu remettre sur la table un certain discours féministe qui s'était fait plus discret ces derniers temps, en tentant de cibler plus adéquatement la colère des femmes, la ligne qui sépare ici la dénonciation et le bashing est terriblement mince. Ce qui pourrait en choquer certains... et en faire rire d'autres, étonnamment.

Il ne faudra donc pas, ici, chercher à tout prix les exactitudes historiques : La résurrection de Jeanne d'Arc est assurément un plaidoyer puissant. Mais c’est surtout une métaphore : un récit dans lequel on utilise la vie d’un personnage, de ses choix à ses cauchemars, pour qu’elle symbolise une parole engagée. Jeanne, la messagère de Carolyn Gage.

27-08-2010

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