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Du 16 novembre au 16 décembre 2010
Amuleto
D'après un texte de Roberto Bolaño
Traduction : Nicole et Émile Martel
Adaptation et mise en scène : Catherine Vidal
Avec Renaud Lacelle-Bourdon, Olivier Morin, Dominique Quesnel et Victor Andres Trelles Turgeon

Mexique, 1968. Auxilio, une femme marginale et bohème, se retrouve prise au piège lors de la violente répression d’une manifestation étudiante. Cette captivité la conduira à se réfugier dans ses souvenirs, tout en plongeant dans la mémoire collective de ces peuples sud-américains qui ont subi de violentes révolutions au cours des années 70.

Dans cette libre adaptation du roman Amuleto du poète et romancier chilien Roberto Bolaño, Catherine Vidal explore la dramaturgie de l’un des plus grands auteurs contemporains du sud de l’Amérique et nous livre un portrait social et artistique inspiré de ses récents voyages au Mexique et au Chili.

Scénographie Romain Fabre
Costumes Fruzsina Lanyi
Lumière Alexandre Pilon-Guay
Musique Francis Rossignol
Maquillages Florence Cornet
Assistance à la mise en scène et régie Claudia Couture

25 novembre 2010
Les Noctambules
La soirée des Noctambules se veut un moment d’échange et de complicité entre les artistes et les spectateurs. Aussi, pour poursuivre la réflexion, un libraire de chez Gallimard suggère des lectures en lien avec les thèmes abordés dans le spectacle. Discussion animée par Marie-Louise Arsenault, après la représentation.

28 novembre 2010
L'heure du conte avec Dominique Pétin

3 décembre 2010
55e anniversaire du Quat'sous
C’est le 3 décembre prochain que le Théâtre de Quat’Sous soulignera ses 55 années d’existence. Pour l’occasion, l’équipe du Quat’Sous convie le public à venir porter un toast dans le cadre de ses vendredis grilled-cheese, où Eric Jean et ses invités proposeront une recette toute particulière.

Plaisir d’aujourd’hui à prix d’antan
De plus, on offrira, à prix d’antan, des billets de spectacles. Ainsi, 55 billets pour la représentation d’Amuleto du 3 décembre 19h seront vendus à aussi peu que 5,55$. On pourra également se procurer de délicieux grilled-cheese trad pour la modique somme de 55 sous.

Tarifs
Régulier 32$/ Étudiant 22$/Aîné (60+) 25$
Tarifs de groupe (10 personnes et +)
Régulier 24$/ Étudiant 20$/ Aîné 22$

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Une production du Théâtre de Quat'Sous

Quat'Sous
100, ave. des Pins Est
Billetterie : 514-845-7277
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 Critique
Critique
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par Olivier Dumas

Après une adaptation très remarquée du roman Le grand cahier d’Agota Kristof, Catherine Vidal récidive cette fois-ci au Théâtre de Quat’sous avec Amuleto de l’écrivain chilien Roberto Bolaño. Malgré l’ingéniosité de la mise en scène et des prestations solides des acteurs, il manque l’étincelle pour mettre le feu aux poudres.

Traduit en français en 2003, le texte est bouleversant par son mélange entre le réel et l’imaginaire. Écrite par l’une des plumes importantes de la littérature chilienne, cette plaquette d’une centaine de pages demeure un témoignage percutant sur la nécessité de la poésie dans la société.

Chevauchant le passé et le présent, l’histoire s’amorce dans les toilettes pour dames d’une université mexicaine en 1968. Surnommée la Mère de la poésie, Auxilio (Dominique Quesnel), une femme bohème, se retrouve prisonnière lors de la violente répression d’une manifestation étudiante. Elle se réfugie dans ses souvenirs et des projections du futur, tout en plongeant dans la mémoire collective de ces peuples sud-américains qui ont connu maints bouleversements durant les décennies 1960 et 1970.

Pour un metteur en scène, l’adaptation d’une œuvre romanesque comporte le défi de rendre l’éclat de la prose de l’auteur et de proposer une vision théâtrale qui transcende le simple calque du livre. Récemment, Serge Denoncourt a effectué un très beau travail avec Thérèse et Pierrette à l’école des Saints-Anges de Michel Tremblay. Pour ceux qui ont fait une lecture d’Amuleto, une certaine confusion peut se ressentir en raison de précisions sur les personnes et les lieux que la mise en scène ne parvient à éclaircir.

Roberto Bolaño possède le don de créer des atmosphères qui brouillent les frontières spatio-temporelles entre la réalité et l’imagination. Or, ce jeu de miroirs manque ici d’une clarté nécessaire pour ressentir de plein fouet la richesse ensorcelante des récits que vit la protagoniste, véritable ambassadrice de la poésie mexicaine. Certains des passages relèvent trop de la narration pour laisser submerger une émotion aussi forte et troublante que les mots de l’auteur laissent percevoir. Par ailleurs, la scène de la visite chez le roi des prostitués masculins tombe plutôt dans la caricature au lieu de l’ambiance parsemée d’angoisses et de doutes rendue avec tant de justesse dans l’œuvre originale.

Malgré ces réserves, la distribution constitue la plus belle surprise d’Amuleto. Les quatre comédiens sont formidables. Dans le rôle principal, la toujours surprenante Dominique Quesnel livre encore une fois une prestation  touchante et intense d’une femme forte et courageuse qui défend la beauté de l’art devant la barbarie humaine.  Dans la peau des différents personnages rencontrés tout au long de la représentation, Renaud Lacelle-Bourdon, Olivier Morin et Victor Andres Trelles Turgeon démontrent une énergie fougueuse qui s’accompagne d’une écoute et d’un synchronisme surprenant.  

Bien que la mise en scène ne rende pas toujours justice à la beauté du texte, Catherine Vidal propose plusieurs pistes intéressantes. Sur un plateau pratiquement dépouillé, les différents lieux de l’action sont habilement suggérés, toujours avec l’aide de quelques accessoires. Les 75 minutes de la représentation théâtrale passent ainsi agréablement vite, sans oublier une scène finale saisissante. Avec force, cette conclusion nous fait prendre conscience de toute la tragédie vécue par les peuples latino-américains.

Avec Amuleto, le Théâtre de Quat’sous dévoile encore son flair quant à la découverte de signatures singulières de l’Amérique latine. Si cette production orchestrée par Catherine Vidal manque un peu de chair pour répondre à toutes les attentes, sa ferveur rejoindra certainement le public qui ne peut être que touché par la pertinence de son propos.    

22-11-2010

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