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21, 22, 23 décembre 2010, 21h - ouverture des portes à 20h
DindeDinde et farces : le cabaret de Noël
Auteurs : divers auteurs, formule de cabaret à numéros
Mise en scène : François Bernier, Jean-Philippe Durand, Patrick Dupuis, Guillaume Girard
Distribution : plusieurs compagnies de théâtre ou comédiens

Le Théâtre du Rideau Vert a sa revue de l’année, La Licorne a ses Contes urbains, Espace Libre aura Dinde et farces, le cabaret de Noël.

Spectacle déjanté à la forme explosive, parfois magique, féerique, nostalgique et souvent irrévérencieuse, Dinde et farces propose musique, chant, danse et théâtre sous un même thème : Noël. Dans la pure tradition du cabaret, des créateurs, groupes ou compagnies théâtrales seront invités à concevoir des numéros directement inspirés par cette fête.

Bien que rarement évoqué au théâtre, le thème de Noël est universel et inépuisable. Les cadeaux, les chansons, les histoires, l’emblématique Père Noël, mais aussi notre rapport à la religion, à la consommation, à la famille... toutes les avenues, toutes les facettes sont à explorer. « Aucune barrière, sinon le bon goût », voilà la devise du Théâtre du Party Chinois.

Créons une brèche dans cette course folle aux cadeaux pour prendre le temps de vivre ensemble cette expérience, de se raconter des histoires, chose qu’on ne fait plus assez souvent. Noël revivra cette année au théâtre!

Le Théâtre du Party Chinois prend parole et le fait de façon festive. Oui, le théâtre est sérieux, mais il peut aussi être fait avec un grand esprit de fête. Le TPC vise à faire des shows interdisciplinaires chaleureux, conviviaux, comme peut l’être le bon pâté chinois des lundis d’hiver.

Scénographie : Cynthia St-Gelais
Direction technique et régie : Olivier Gaudet-Savard

Production : Théâtre du Party Chinois

Espace Libre
1945, rue Fullum
Billetterie : 514-521-4191
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 Critique
Critique
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par David Lefebvre

L'Espace Libre, par l'entremise du Théâtre du Party Chinois, se dote cette année d'un spectacle du temps des Fêtes. Mais attention, on n'y célèbre pas l'année par un bilan désopilant, on ne festoie pas Noël de façon traditionnelle : Dinde et farces est un cabaret absurde, irrévérencieux, où les nombreux concepteurs et collaborateurss'en donnent à coeur joie.

La salle, lors de la première, était pleine à craquer. L'ambiance était résolument à la fête : un bar est à la disposition des spectateurs en tout temps et une table de bricolage est installée à l'entrée de la salle pour fabriquer des cartes de Noël. Un coin Nintendo est aussi disponible, pour ceux et celles qui s'ennuient. Convivial, vous dites?

La soirée est sous un thème plutôt sombre et cynique : on y souligne la «mort» récente, par accident de métro, du directeur artistique de l'Espace Libre, Philippe Ducros, de toutes les manières possibles, de la plus drôle à la plus déplacée.

La formule cabaret de Dinde et farces s'avère très intéressante, proposant plusieurs numéros de compagnies ou de comédiens/comédiennes appréciés du public montréalais, comme Delphine Bienvenue et Frédéric Paquet dans un des meilleurs numéros de la soirée, une traduction de 12 days of Christmas (...et du porridge sur la pantry), Patricia Nolin en has been, les comédiens d'Abat-Jour Théâtre (Simon Boulerice) dans un conte de Noël très '90 à trois voix, un Rudolph qui se prend pour Bruce Lee ou un sketch de stand-up d'objets qui reproduit la nativité de façon «ombre chinoise sur l'acide». D'autres, plus expérimentaux, plus grinçants, sombrent malhreusement dans l'oubli, comme le slameur parisien ou le prêtre en fin de cérémonie. Le cabaret débute tard, après 21h, et s'allonge jusqu'à minuit. Malheureusement, Dinde et farces n'a pas les ingrédients pour nous tenir en haleine durant tout ce temps, malgré l'effort de plusieurs participants. Les quatre animateurs, François Bernier, Jean-Philippe Durand, Patrick Dupuis et Guillaume Girard, font un excellent travail, tentant de maintenir une certaine ligne directrice entre chaque numéro, grâce à certaines interventions, comme le fameux jeu «je n'ai jamais» ou quelques sketches de leur cru.

Ce défilé d'artistes se commet dans un décor rappelant un sous-sol des années 70, conçu par Cynthia Saint-Gelais. Un band maison prend place sur scène, dirigé par Carl-Éric Hudon. Avant le début du spectacle et lors de l'entracte, on a droit aux plus savoureux cantiques kitsch ou même à de fantastiques extraits de publicités mettant en vedette Gratteux de Canadian Tire.

Là où Dinde et farces réussit réellement, c'est dans son désir d'amuser, sans prétention, sans censure, un public ouvert et près des créateurs et des artistes qui ont préparé un numéro spécial pour la soirée. Cette connexion est rare, cordiale, vibrante. Avec du temps, du travail et un certain investissement, ce cabaret pourrait très bien passer de party de salle à incontournable des Fêtes, aux idées tout aussi effervescentes, déjantées que drôlement mordantes. À surveiller.

22-12-2010
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