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La forêt des possibles
De 8 à 12 ans
Du 11 au 13 janvier 2018
Une femme-arbre vit et pousse dans le sous-sol d’une école. Ce lieu est secret et n’est fréquenté que par un groupe de jeunes. Pour eux, cette créature est un phare dans leur vie. Jusqu’au jour où son existence est mise en péril lorsque l’école doit faire face aux pics des démolisseurs. Les jeunes devront alors convaincre tout le monde, surtout le Directeur-en-personne, de l’importance de la sauver.

ALLER VERS SES RÊVES

La femme-arbre règne sur un monde de mystères – la forêt des possibles – et veille à ce que les rêves des enfants ne tombent jamais dans l’oubli. Pour ces jeunes qu’elle affectionne tendrement, elle est l’amie et la conseillère, celle qui les pousse à se réaliser en les aidant à se rendre au bout de leurs aspirations. Elle leur apprend ce qu’on n’a souvent pas le temps d’enseigner aux jeunes…

Se battre pour ses convictions, pour ce que l’on croit être juste et pour préserver cette part d’âme, de rêve et d’espoir qui ne demande qu’à vivre en nous : voilà la belle mission que tente de mener à bien ce groupe d’élèves, chacun à sa façon. Mais qu’est-ce que ça veut dire pour des jeunes « aller au bout de ses convictions » et en accepter les conséquences ?


Texte Andréanne Joubert
Mise en scène Simon Boulerice
Interprétation Rosie-Anne Bérubé-Bernier, Sara Karel Chiasson, Sophie Léonard-Dufour, Valérie Mantha, Florence Rainville-Desbiens, Sara Déziel, Catherine Lapointe, Noémie Ribaut-Savard, Camille Marchon, Chanel Mings, Alex Miron-Dauphin, Gabriel Guertin-Pasquier, Félix Chabot-Fontaine, Victor Choinière Champigny


Crédits supplémentaires et autres informations

Marraine en écriture : Rébecca Déraspe
Dramaturge : Reynald Robinson
Directeur artistique de L’Option-Théâtre : Ghyslain Filion

TARIFS

Spectacles
réguliers

Spectacles intimes*

À LA CARTE (à partir du 5 juin 2017) 17,00 $ 20,00 $
Abonnement 2 spectacles 15,00 $ 18,00 $
Abonnement 3 spectacles et + 13,00 $ 18,00 $

Tarif par personne par spectacle. Taxes en sus.
Frais d’administration inclus. Frais de 2 $ pour envoi des billets par la poste.

*Les spectacles intimes, parce qu’ils sont présentés devant un petit nombre de spectateurs installés sur la scène, vous font vivre une expérience de proximité avec les artistes. Places limitées.

Durée 45 minutes

Concours Le théâtre pour les jeunes publics et la relève
Production de l'Option-Théâtre du Collège Lionel-Groulx


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Critique disponible
            
Critique

Lauréate de la dixième édition du concours Le théâtre pour les jeunes publics et la relève, Andréanne Joubert propose une fable écologique avec La Forêt des possibles. Sous la direction du polyvalent Simon Boulerice, de jeunes actrices et acteurs diplômés du Collège Lionel-Groulx s’illustrent avec aisance et dynamisme à la Maison Théâtre.






Source photos : site de la Maison Théâtre

Lors des éditions précédentes, Les Malpeignés de Lauriane Derouin, La Famille Pépin de Julie-Anne Ranger-Beauregard, ou encore 2 h 14 de David Paquet ont permis notamment à leurs auteures et auteurs respectifs d’amorcer leur carrière en écriture dramatique.

Pendant environ une heure, la pièce d’Andréanne Joubert (qui avait cosigné précédemment la très remarquée production Noyade(S) présentée à la Maison Théâtre) focalise sur un groupe de jeunes qui se rencontrent en secret dans le sous-sol d’une école. Or, dans ce lieu inusité, vit une femme-arbre, Hortense. Parmi la ribambelle d’inséparables, nous rencontrons Effie, une timide poétesse en herbe, Gus, un sympathique protagoniste à la personnalité de leader bien assumée et Eugène, qui rêve de danser avec Les Grands Ballets canadiens malgré les moqueries de ses camarades de classe. Nous faisons aussi la connaissance de Clara qui rêve de devenir un garçon et de porter le prénom d’Arno, de Karim, une boule d’énergie, d’Eugénie, la sœur jumelle d’Eugène à l’esprit cartésien qui rêve de remporter des prix pour permettre aux femmes de prendre leur place, et finalement de Gigi, qui recherche l’amour et l’affection. L’existence de leur amie mi-humaine mi-plante ligneuse terrestre se retrouve menacée par l’annonce de la démolition prévue de leur école. Le groupe tente de convaincre ses proches, et particulièrement le directeur de l’institution scolaire de changer les plans prévus.   

Pour construire cette partition à voix multiples (avec de nombreux personnages incarnés à un moment ou l’autre par les interprètes), la dramaturge a bénéficié des conseils de Rébecca Déraspe (auteure reconnue et ancienne collaboratrice à montheatre.qc.ca) et de Reynald Robinson. Par ailleurs, ses figures courageuses, intrépides et à l’imagination débordante évoquent quelques-unes de celles qui ont gravité dans des œuvres scéniques écrites par le metteur en scène Simon Boulerice (surtout Simon a toujours aimé danser et Les Mains dans la gravelle). Certaines références à la culture populaire, dont le célèbre détective privé Sherlock Holmes (l’une des idoles de Gus) et la présence musicale du thème intrigant de La Panthère rose pimentent l’action.  

Du début à la fin, la pièce illustre très bien l’opposition récurrente entre la nature et une civilisation en quête perpétuelle de «progrès» techniques et de besoins affairistes. Sans trop tomber dans le manichéisme (les bons versus les méchants, les idéalistes versus les pragmatiques), elle souligne la nécessité de préserver ses rêves et ses désirs d’améliorer le monde autour de soi afin de ne pas se laisser engloutir par les calculs comptables. Quand Hortense exige de ses camarades l’inscription d’un rêve et l’obligation de toujours en avoir, elle les incite à ne pas trahir leurs idéaux. Telle une mère-nourricière, elle incite ses comparses à ne jamais baisser les bras et les encourage à s’accomplir comme individu et à se battre jusqu’au bout de leurs convictions, mais sans toutefois oublier la nécessité d’assumer toutes les conséquences reliées à celles-ci.

La dimension plus engagée du texte n’esquive pas fort heureusement l’humour et les traits de caractère attachants du groupe, surtout chez le tandem sœur et frère Eugénie et Eugène. La première demeure très touchante par sa volonté de se démarquer par ses idées et son intelligence, tout comme son frangin, qui permet l’éclosion de sa sensibilité plus artistique. Vers la fin, la révélation du secret de Gus rend ce dernier plus attendrissant dans sa quête du bien commun. Par contre, l’une des seules faiblesses notables demeure le dénouement plutôt expéditif et précipité par rapport aux thèmes abordés pendant toute la durée du périple.

Pour conjuguer des interrogations graves sur les enjeux de notre société et les inquiétudes plus naïves des enfants, la mise en scène se caractérise par sa surprenante fluidité. Côté jardin, de longs rideaux de scène s’enchevêtrent pour symboliser le refuge d’Hortense (dont nous ne voyons jamais le bas du corps). Côté cour, un immense échafaudage laisse présager sans cesse l’ombre de la démolition de l’école. Parmi les passages les plus intéressants, soulignons la présence d’ombres chinoises à un moment précis, où une paire de mains se métamorphose en chien.

Avec l’aide d’éclairages soignés et une bande sonore pertinente (dont des extraits plus mélancoliques), Simon Boulerice accomplit un beau travail d’orchestrateur. Sa distribution démontre une grande justesse et un esprit d’équipe, mais surtout une énergie engageante tout au long de la représentation.

Avec ses échos à un monde plus responsable et à une collectivité plus consciencieuse, La Forêt des possibles laisse espérer des routes fleuries pour ses artistes émergents. 

12-01-2018
 
Maison Théâtre
245, rue Ontario Est
Billetterie : 514-288-7211

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