Texte de
François Létourneau
Mise en scène de
Frédéric Blanchette
Assistance à la mise en scène:
Alexandre Brunet
Distribution:
Maxime Denommée,
Maxim Gaudette,
Kathleen Fortin,
François Létourneau,
Fanny Mallette,
Patrice Robitaille

Les hommes de Chrysler sont en ville et Ron pense avoir ce qu'il faut pour les divertir ! Mais le bureau de son agence «toute spéciale» a été dévalisé par une agence concurrente, celle de Cheech sans doute, et toutes les photos des charmantes escortes ont disparu. Si tout semble aller pour le mieux dans les bureaux de Cheech, chez Ron, Maxime et les autres, la journée s'annonce catastrophique !

François Létourneau, jeune auteur à qui nous devons Stampede, récidive cette année avec Cheech, une comédie casse-tête construite dans un chaos chronologique qui nous transporte à un rythme effréné dans un univers où les personnages, à la limite de la névrose, n'ont rien à perdre et se révèlent les uns aux autres sous un jour insoupçonné. Une facture américaine, presque cinématographique et une équipe impressionnante de jeunes comédiens.

 

par David Lefebvre

Il y avait beaucoup d'attente pour cette pièce, et beaucoup de monde connu à la première. Il y a d'excellents comédiens (Maxime Denommée, Fanny Mallette, Kathleen Fortin, Patrice Robitaille et Maxim Gaudette), un jeune et bon metteur en scène (Frédéric Blanchette) et un talentueux auteur (François Létourneau, qui joue aussi dans la pièce). Mélangez le tout et vous obtenez Cheech, une pièce explosive.

Ron (Patrice Robitaille) tient une agence d'escortes. Un congrès arrive en ville et il ne veut pas rater son coup. Mais il se fait voler ses «books», contenant les photos de ses « filles ». Qui aurait bien pu faire ça? L'agence rivale, celle de Cheech? S'entremèlent les histoire d'Olivier (François Létourneau), qui n'a plus de plaisir avec sa copine, et qui fait appel à l'agence d'escorte, son copain d'en bas, Alexis (Maxim Gaudette) qui attend un appel important; Jenny (Kathleen Fortin), une des filles, qui veut changer son nom pour Jennifer, Stéphanie (Fanny Mallette) qui s'est fait tabasser par un client, et son amoureux fou Maxime (Maxime Denommée).

Cette pièce a plusieurs forces : le texte est riche, percutant et drôle. La mise en scène, faite de flashs non chronologiques (on suit la pièce par petits bouts qu'on assemble comme un casse-tête, en nous aidant des heures qui s'affichent en haut de la scène) est époustouflante. S'inspirant souvent du monde cinématographique, le « montage » est rapide, rythmé, et nous entraîne aisément dans une histoire de magouille terriblement bien écrite. Le décor, qui sert autant pour l'appartement d'Olivier, d'Alexis, de Maxime et de bureau pour Ron est très bien monté; les éclairages appuient les personnages et leurs émotions. Le jeu des comédiens est remarquable: drôle, tragique et naturel à souhait. Patrice Robitaille fait un Ron plus que crédible dans sa dépression et Maxime Denommée change de scène (et de ton) avec une aisance à couper le souffle. Le jeu et le texte est profondément humain; on comprend les gestes de chacun, on les ressent et on cherche avec eux la façon d'«influencer le roulement des dés».

Cheech (les hommes de Chrysler sont en ville) est un incontournable en ce début de saison hivernal de théâtre. Cette jeune équipe de concepteurs et de comédiens accomplissent des choses extraordinaires. À voir absolument.


Photo : Yanick Macdonald