Unique moment d’intimité avec Marie Uguay

par | 25 février 2019

Le Centre du Théâtre d’Aujourd’hui célèbre cette année sa 50e saison et pour l’occasion, le directeur Sylvain Bélanger a confié l’organisation de quatre soirées intitulées « Aujourd’hui, je passe à l’Histoire! » à quatre artistes différents en leur donnant carte blanche.

C’est la comédienne Sophie Cadieux qui a hérité de la troisième soirée, et elle a décidé de la dédier à la poétesse Marie Uguay décédée il y a 38 ans. Elle a expliqué son choix en soulignant que la parole des femmes avait été et est toujours négligée dans l’Histoire de l’humanité, et que la poésie de Marie Uguay, qui a profondément marqué son propre rapport à la poésie et à l’écriture, était souvent oubliée lorsque l’on évoquait les grands poètes du Québec.

Pour cet événement unique, Cadieux a fait appel au duo mère-fille composé des comédiennes Sylvie Léonard et Camille Léonard. Les deux femmes, de par leur proximité avec Marie Uguay – les mères de Marie Uguay et de Sylvie Léonard étaient soeurs jumelles – ont pu ouvrir pour les gens présents une fenêtre sur l’intimité de l’écrivaine en partageant leurs souvenirs d’elle.

Au travers des lectures de poèmes et d’extraits de journaux présélectionnés et pigés au hasard, de courts extraits vidéos et de discussions, c’est l’évocation de ces moments partagés avec Uguay qui ont donné à la soirée son caractère particulier. Pensons notamment aux souvenirs d’enfance, ou ceux des derniers jours passés auprès d’elle avant son décès, rapportés par Sylvie Léonard. Ou de la candeur de Camille Léonard racontant comment, après s’être plongée, enfant, dans la poésie de Marie Uguay, elle avait fini par confier à sa mère qu’elle s’ennuyait de cette femme qu’elle n’avait pas connue. Ce contact privilégié par le lien filial, la complicité entre la mère et la fille sur scène, ainsi qu’avec Sophie Cadieux, ont permis de nombreux moments amusants, mais, surtout, très touchants. Le caractère spontané du déroulement de la soirée est venu ajouter au sentiment d’avoir la chance d’assister à un événement vraiment exclusif.

Par la simplicité de sa mise en scène, Sophie Cadieux a su laisser toute la place aux mots. Ces mots que Marie Uguay chérissait, ces mots qu’elle voulait toujours les plus justes possible, ces mots évocateurs d’images traduisant les désirs qui la traversaient, et ce, jusqu’à son dernier souffle. Il n’y avait pas de meilleure façon de célébrer la poétesse.