Théâtre 2014, les suggestions du rédac’ chef

par | 29 décembre 2013

Déjà 2013 qui se termine… Néanmoins, les collaborateurs de MonTheatre sont impatients de découvrir ce que le théâtre en 2014 leur réservera. Voici les tops de quelques membres de l’équipe. Bonne lecture !

par David Lefebvre

271181_10150331948486508_1748536_nDifficile, déchirant, mais passionnant, que de monter un top des pièces qui attisent notre curiosité et qui prendront l’affiche d’ici l’été prochain. Après Pascale, Daphné, Geneviève, Ariane et Oliver, que je remercie du fond du coeur, je me plie avec plaisir à cet exercice, qui proposera certains coups de coeur, bien personnels, à venir. En étant rédacteur en chef, je visiterai Québec et Montréal.

Commençons d’ailleurs par la belle capitale.

D’abord réalisateur et scénariste, le Torontois et Québécois d’adoption Jeremy Peter Allen, qui a entre autres travaillé avec Robert Lepage sur l’adaptation cinématographique de La face cachée de la lune,  s’approprie les mots du dramaturge anglais Bryony Lavery qu’il traduit et met en scène à La Bordée en mars prochain. Frozen, créé pour la première fois au Birmingham Repertory Theatre en 1998, suit, durant plusieurs années, la vie de la mère d’une enfant disparue et celle de l’assassin, les deux liées par une psychiatre qui se penche sur le cas. Un récit sur la paralysie émotionnelle et le pardon, qui pourrait annoncer quelques sueurs froides.
Frozen, La Bordée, du 4 au 29 mars 2014
http://www.montheatre.qc.ca/quebec/archives/05-labordee/2014/frozen.html

Un peu avant Noël, le président russe Vladimir Poutine graciait plusieurs centaines de prisonniers, pour la plupart politiques – dont les membres du trio féminin Pussy Riot et l’ancien oligarque Mikhaïl Khodorkovski – pour ainsi démontrer, juste avant les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi, et ce, devant les yeux du monde entier, la grandeur et la générosité de la Russie, et faire (un peu) oublier cette loi scandaleuse, polémique, qui «criminalise» l’homosexualité. Mais la Russie n’en est pas à un scandale près depuis la prise du pouvoir de cet ancien officier du KGB. La toute nouvelle compagnie théâtrale Portrait-Robot se penchera, en mars prochain, sur un cas qui aura ouvert les yeux de l’Occident, il y a de cela quelques années, sur ce pays aux méthodes peu orthodoxes, soit l’assassinat de la journaliste Anna Politkovskaïa, retrouvée dans la cage d’escalier de son immeuble. Femme non-rééducable / Anna P. de l’Italien Stefano Massini, mis en scène pas Olivier Lépine (Coronado, Vertiges, Roméo et Juliette) tente «d’entretenir le feu de son combat et de le garder vivant». En plus des sujets qu’abordera la pièce, qui, je dois avouer, me touchent particulièrement, soit la liberté de presse, l’assassinat politique et, plus généralement, le théâtre documentaire – puisque la pièce se base sur un ensemble de notes et de correspondances – la production théâtrale se voudra intéressante du fait qu’elle envahira plusieurs espaces de Premier Acte ainsi que les alentours : escalier, stationnement, toit.
Femme non-rééducable / Anna P., Premier Acte, du 11 au 29 mars 2014
http://www.montheatre.qc.ca/quebec/archives/09-premieracte/2014/femme.html

Le mois d’avril 2014 verra, à notre grand plaisir, la création de la nouvelle pièce d’Anne-Marie Olivier, maintenant directrice artistique du Trident, intitulée Faire l’amour. Avec ce nouveau texte, Olivier délaisse un peu la création dramatique (Scalpée) pour revenir vers un théâtre plus ludique, voire lubrique ! Basée sur des confidences et histoires vraies, la pièce se penchera sur le désir, les frustrations, les rencontres flamboyantes ; des larmes, de la douleur jusqu’au rocambolesque, Faire l’amour explorera les zones de lumière et de terreur du sexe d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Au fil des années, Anne-Marie Olivier a su nous charmer par ses récits et sa poésie ; Faire l’amour sera donc une pièce à surveiller au printemps prochain.
Faire l’amour, Périscope, du 15 avril au 3 mai 2014
http://www.montheatre.qc.ca/quebec/archives/07-periscope/2014/amour.html

Mention

Côté théâtre jeunesse, je ne peux passer sous silence la prochaine pièce de Philippe Soldevila, Conte de la neige, qui fait suite à son magnifique Conte de la lune (2006). Alors que ce dernier racontait la vie d’un enfant habitant l’Espagne sous le régime de Franco, on se concentre, dans Conte de la neige, sur la vie de son fils, vivant au Québec. Années 70, immigration, différence culturelle causant raillerie, Conte de la neige est une fable sur la formation d’une identité qui peine à se concrétiser, ayant mille repères épars. Le Théâtre des Confettis propose toujours de superbes pièces, et les collaborations avec des créateurs comme Soldevila ont toujours été fructueuses, séduisantes et émouvantes. Il faut d’ailleurs briser ce préjugé disant que «les pièces pour enfants sont sans intérêt pour le public adulte» ; faites-vous plaisir, peu importe votre âge, et allez voir au moins une pièce jeune public cette année, accompagnés ou non d’un enfant. Vous en sortirez émerveillés.
Conte de la neige, Les Gros Becs, 9 et 16 février 2014 (dates grand public)
http://www.montheatre.qc.ca/quebec/archives/04-grosbecs/2014/neige.html

Métropole

Près d’une centaine de pièces prendront l’affiche à Montréal durant les prochains mois. Choisir trois ou quatre titres seulement parmi les nombreuses propositions s’avère réellement ardu. Mais jouons le jeu jusqu’au bout.

La prose de Marilyn Perreault, dure, poétique, parfois cruelle, mais navigant toujours entre une certaine réalité et une fiction qui hypnotisent et se chevauchent constamment, revient au coeur d’une pièce où une quarantaine de vies se croisent dans un autobus de la ville. Le Théâtre I.N.K. prendra possession des Écuries dès février pour présenter sa toute nouvelle création Lignedebus, qui mêlera comédiens et danseurs pour explorer divers thèmes, tels la civilité, le terrorisme, l’excentricité, l’itinérance et le stress lié au temps.
Lignedebus, Aux Écuries, du 4 au 22 février 2014
http://www.montheatre.qc.ca/archives/17-auxecuries/2014/lignedebus.html

Lors de la première année de sa résidence à Espace Go, la comédienne et maintenant metteure en scène Sophie Cadieux proposait quatre versions d’un même monologue, signé par Guillaume Corbeil. Tu iras la chercher, qui sera présenté du 11 au 22 mars 2014, sera défendu par Marie-France Lambert. Une pièce sur l’identité, non seulement chez le personnage, mais entre le spectateur et l’acteur ; un thème récurrent dans le travail de recherche de Sophie Cadieux au coeur des murs d’Espace Go.
Tu iras la chercher, Espace Go, du 11 au 22 mars 2014
http://www.montheatre.qc.ca/archives/04-espacego/2014/chercher.html

Si Dominic Champagne délaisse depuis quelque temps les spectacles à grand déploiement, il prouve hors de tout doute, spectacle après spectacle, toute l’étendue de son talent en tant que directeur d’acteur et metteur en scène. Après l’adaptation de plusieurs monologues d’Yvon Deschamps, Champagne est de retour au Quat’Sous avec Besbouss, autopsie d’un révolté, un texte de Stéphane Brulotte sur le printemps arabe. Brulotte explore cet événement marquant des dernières années grâce à l’histoire de ce Tunisien, Besbouss, qui s’est immolé par désespoir; un acte qui déclenchera la révolution au coeur du Maghreb et du monde entier. Un monologue qui sera porté par le comédien marocain Abdelghafour Elaaziz, qu’on a pu voir dans l’adaptation au grand écran de Incendies.
Besbouss, autopsie d’un révolté, Quat’Sous, du 22 avril au 17 mai 2014
http://www.montheatre.qc.ca/archives/11-4sous/2014/besbouss.html

Mentions 

Je m’en voudrais de ne pas mentionner la venue d’Olivier Kemeid, au TNM, avec son texte Icare, du 14 janvier au 8 février 2014. Après l’adaptation de La belle et la bête qui fut accueillie plutôt froidement par la critique, malgré ses effets scéniques saisissants, on ne peut espérer que le duo Michel Lemieux et Victor Pilon, les maîtres d’oeuvre de 4D Art, sauront explorer avec acuité et émotion l’affrontement entre Dédale, père inventeur qui préfère se terrer dans ses illusions, et son fils, Icare, qui le confronte à la vérité. Autour d’eux, grâce à la magie de la lumière dont seuls Pilon et Lemieux ont le secret, «apparaîtront les lieux et les personnages qui hantent la mémoire labyrinthique de Dédale».

Le grand Robert Lepage sera présent sur les scènes montréalaises durant la première moitié de 2014, et trois fois plutôt qu’une. Il ne faudra assurément pas manquer Pique et Coeur, à La Tohu, en janvier, puis Les aiguilles et l’opium, au TNM, en mai, (re)mettant en vedette Marc Labrèche.

Et vous, qu’attendez-vous impatiemment en 2014 ?