Peter James : Qu’est-ce qu’on fait maintenant?

par | 7 décembre 2012

par Sara Fauteux

Qu’est-ce qu’on fait?

Peter James – Crédit photo : Julie Méalin

Voilà une question que Peter James aime poser à ses interprètes, à son public, à ses concitoyens, à sa société. Qu’est-ce qu’on fait maintenant?

La réponse qu’il m’a donnée est simple et inspirante, comme lui : on cherche, on s’engage, on continue. Peter James est un artiste entier. Pour lui, le théâtre, l’art, doit être fait dans un engagement complet. Il suffit de partager un café avec lui pour comprendre qu’il ne s’agit jamais d’un spectacle parmi d’autres, d’un job, d’un contrat. Il s’agit toujours d’un acte engagé, d’un acte de création totale qui implique qu’on se questionne réellement sur l’art, mais aussi sur la vie, la mort, l’amour et le monde dans lequel on vit.

Depuis trente ans, il collabore avec différents artistes de Montréal et d’ailleurs comme danseur, acteur, metteur en scène et conseiller. En 2010, il crée quatre solos au théâtre La Chapelle dont The Red Mark. Il est aussi l’instigateur du délirant projet Ze psychotik happening qui rassemble sept artistes tout aussi aventuriers et extrêmes que lui. Récemment on a pu voir Peter James dans Mygale de Nicolas Cantin, dont le travail a été présenté cet automne à l’Usine C.

Dans ses projets, Peter James travaille à créer une écriture scénique qui entremêle les codes du cirque, de la danse et du théâtre et des arts visuels. Faudrait-il lire ses oeuvres comme des peintures? Avec ses interprètes il s’applique à multiplier les couches, à créer des univers qui se dévoilent et prennent sens sur la durée. Il ne faut pas chercher à tout comprendre immédiatement, mais plutôt à se laisser glisser, à s’imprégner de cet univers qui laissera peut-être une graine qui germera en nous.

Il s’agit bien de théâtre, mais pas de théâtre à texte, dont on en voit bien assez déjà sur les scènes montréalaises, selon James. Mais sans texte, dans ce mélange des codes appartenant aux différents arts de la scène, comment s’assurer de ne pas semer le spectateur, de ne pas le laisser à l’extérieur de l’oeuvre? Lors de notre entretien, nous avons largement abordé la question du spectateur, de sa responsabilité et de celle du créateur face à lui.

Trop souvent, toutes les responsabilités sont sur les épaules du créateur. Dans le cas d’une œuvre comme Parade d’états, et selon la philosophie de James, le créateur et le spectateur partagent la responsabilité. Tous deux doivent s’assurer de se questionner, de s’ouvrir, d’être disponibles et en recherche. Voilà une vision exigeante et inspirante de la création qu’on ne rencontre pas assez souvent et qui laisse présager un spectacle allumé et surprenant.

« Parade d’états » être / paraître / disparaître (cabaret post-post-existentiel) est à l’affiche de La Chapelle du 7 au 15 décembre 2012.