Oranges 2003 : une équipe de rêve!

par | 24 novembre 2013

Les Oranges étaient puissants, explosifs et imprévisibles. C’est pour ça que le public votait pour nous!
Claude Legault, #3 Oranges 2003

Ce n’est pas tous les jours que l’on voit une équipe complète d’improvisateurs entrer au Temple de la renommée de la LNI. C’est même la toute première fois en 35 ans d’histoire que la Ligue nationale d’improvisation faisait entrer une équipe dans la légende. L’honneur paraît toutefois logique pour une telle discipline d’équipe!

LNI : Oranges 2003Choisie au premier tour par les membres du Temple de la renommée et les joueurs actuels de la LNI, puis élue grande favorite par le public à l’occasion du 35e anniversaire de la ligue, l’équipe des Oranges 2003, menée par Michel Duchesne, a été intronisée à titre d’équipe de rêve, mercredi dernier. C’est à la Tohu que s’est tenue la cérémonie colorée, à l’image de cette équipe « couteau suisse » dont la puissance de jeu venait des forces combinées de chaque joueur, des vieux routiers comme des jeunes : Claude Legault et Réal Bossé pour les jeux physiques, Sophie Caron pour les impros chantées, Salomé Corbo pour les envolées lyriques et les impros dramatiques, Maryvonne Cyr et Charles Lafortune pour leur capacité à se glisser dans n’importe quelle impro et à retomber sur leurs pattes… Une équipe « funny-fluffy », selon les mots de son entraîneur, mais qui était aussi son pire ennemi, aux dires de Réal Bossé.

Pour cette soirée-bénéfice où se mêlaient dignitaires (le ministre Maka Kotto a même lu le premier thème du match hommage), commanditaires, partenaires et gens du public, les joueurs honorés ont eu droit aux fleurs comme au pot. Fidèle à elle-même, la LNI n’a en effet pas épargné ses hommagés. L’imprographie qui lançait la soirée donnait le ton : Jean-François Aubé y relatait de sa voix grave les faits d’armes de ces joueurs d’exception tant appréciés du public et de leurs camarades de jeu, mais aussi les zones d’ombre de l’équipe et les périodes plus mouvementées de la saison 2003, teintée par l’échange de François-Étienne Paré contre Réal Bossé. Très réussie, l’imprographie contenait plusieurs bons flashs, notamment la mise en vente de figurines des Oranges pour recréer les meilleures impros de l’équipe. Cliquez ici pour visionner la vidéo.

Oranges 2003

Photo : Hugues Hugues Photo
http://hugueshuguesphoto.net/

Après une interprétation très personnelle de l’hymne de la LNI par la comédienne Frédérike Bédard, le match hommage mettant aux prises les équipes rivales des Oranges et des Bleus (qui s’affrontaient en finale en 2003) s’est ouvert sur une comparée aux allures d’échauffement pour les deux équipes, Dans la salle de nouvelles du National Post le lendemain du grand soir, thème choisi par le ministre Kotto lui-même. La deuxième impro, Piraterie (première impro des Oranges en 2003), a donné lieu à deux belles comparées, mais c’est véritablement la troisième impro, et la première mixte de la soirée, que le match a véritablement décollé. Le thème, choisi par Sophie Caron, Ce qu’on ne sait pas à la manière de Janette Bertrand, a donné un beau mélange de drame et de comédie dans cette histoire de jeune homosexuel refoulé sur le point de se marier (excellent Mathieu Lepage). L’impro suivante, Les casques de bain (thème de Michel Courchesne), a offert l’occasion à Louis Courchesne (trophée Robert-Gravel 2003), des Bleus, de montrer que la pause estivale n’a en rien émoussé son sens de la répartie. Toujours aussi vite sur ses patins, il a permis à son équipe de prendre les devants 3 à 1. La comparée proposée par Maryvonne Cyr, L’origine de la beauté à la manière de Jean de La Fontaine, a été un terreau fertile pour les deux équipes, qui ont amené sur la patinoire des propositions totalement différentes et tout aussi intéressantes. La sixième impro a donné du fil à retordre aux Bleus et aux Oranges, qui n’ont pas semblé savoir quoi faire du thème poétique de Salomé Corbo, Les écoutilles temporelles ne répondent plus à la manière d’un récit de science-fiction. Les joueurs se sont perdus dans les méandres des multiples voyages dans le temps…

Accusant trois points de retard au pointage, les Oranges ont montré les dents lors de l’avant-dernière impro du match, sur le thème Roger, choisi par Réal Bossé. Cette septième impro a donné un beau moment entre les quatre joueuses des deux équipes. L’arbitre, Simon Rousseau, particulièrement en forme, a dû sévir à quelques reprises pendant le match, menant certains joueurs au bord de l’expulsion… ce qui ne les a pas empêchés de cabotiner encore un peu dans Toucher les étoiles, une impro participative à laquelle le public a été appelé à contribuer. Les Oranges ont pu égaliser la marque avec cette dernière impro.

La deuxième période, beaucoup plus courte, n’a duré que le temps de deux impro. Si la première, L’apéro de la terreur (thème de Claude Legault), a offert une belle rencontre entre Louis Courchesne et Diane Lefrançois, la seconde, Les Oranges sont prêts  à la manière des années 1970 (thème de Charles Lafortune) s’est révélée plus confuse, quoique remplie de clins d’œil savoureux aux premières années de l’impro. Plusieurs idées ont été proposées par les deux équipes, mais peu ont été approfondies. Le match s’est terminé sur une courte victoire des Oranges, répétant le scénario de la finale de 2003, où les Oranges de Duchesne avaient battu les Bleus de Stéphane Mayer par un seul point. Il s’agissait à l’époque de la 3e coupe Charade consécutive pour Duchesne.

Étoile Oranges 2003

Photo : Hugues Hugues Photo
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Vint ensuite le moment tant attendu de l’intronisation. L’entraîneur a ouvert le bal des discours en s’improvisant biographe de son équipe. Il a parlé avec beaucoup d’affection des trois gars alpha et des trois filles alphabétisées qui la composaient, et de la patinoire, un écran blanc pour leurs projets et leurs rôles les plus fous. Concluant sur un « Vive la parole libre! », l’entraîneur a cédé sa place à quatre jeunes capitaines, qui ont chacun rendu hommage à ces sept légendes de l’improvisation, à cette « équipe de Mario Bros », à ces bâtisseurs de souvenirs et à ces joueuses inspirantes. Les Oranges ont également pris la parole à tour de rôle pour témoigner de leur amour pour l’impro (« Ma plus belle histoire d’amour », témoignera Salomé Corbo). Sophie Caron en a profité pour livrer un message inspiré contre l’intimidation à l’école. S’adressant aux jeunes improvisateurs dans le public, elle a confié qu’à ses débuts, plusieurs personnes ne se gênaient pas pour la traiter de nulle, mais qu’elle est aujourd’hui intronisée. « S’il y en a qui vous disent que vous n’êtes pas bons, laissez-les faire et continuez! »

Impro-cirque

Photo : Hugues Hugues Photo
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Pour conclure en beauté et avant d’aller accrocher l’étoile des Oranges au firmament de la Renommée, on nous a offert une magnifique impro-cirque sur le thème Derrière les rideaux. L’acrobate Kaelyn « Spécial K » Schmitt, a fait la démonstration de son talent. Un des plus beaux moments de la soirée. Puis, au son de La ballade nord-irlandaise, chantée par Frédérike Bédard, l’étoile des Oranges 2013 s’est élevée au-dessus de la patinoire.

Les trois étoiles de la rencontre ont été Jean-François Nadeau (3e), Mathieu Lepage (2e) et Corinne Giguère (1re).

 

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Prochain rendez-vous le 3 mars au Club Soda pour le début de la saison 2014! Visitez LNI.ca pour le calendrier complet.

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Daphné Bathalon

A propos Daphné Bathalon

Diplômée de l’École supérieure de théâtre (baccalauréat en art dramatique, profil critique et dramaturgie), Daphné Bathalon a été mise en contact tout au long de ses études avec divers types de spectacles vivants. Elle a ainsi pu explorer plusieurs facettes de la représentation. Plus particulièrement intéressée par le théâtre pour enfants, le cirque, l’improvisation et tout objet théâtral explorant la richesse de langue française et des arts visuels, Daphné souffre également de ce qu’on pourrait appeler un appétit insatiable pour les créations éclatées et le théâtre shakespearien (aucun lien!). Critique pour MonThéâtre depuis 2008, Daphné a aussi publié quelques textes dans la revue Jeu. Depuis quelques années, sa couverture théâtrale pour MonThéâtre s’est étendue aux festivals de théâtre à Montréal et à l’étranger. Elle est devenue membre de l’Association des critiques de théâtre du Québec en 2011.