Little Beau Peep Show : du burlesque plein les yeux

par | 13 juin 2013

par Ariane Cloutier

Les productions Glam Gam présentent le Little Beau Peep Show au Café Cléopâtre dans le cadre du St-Ambroise Fringe Festival, entre le 8 et le 15 juin. Ce spectacle, très particulier, que la compagnie elle-même qualifie de « antiburlesque », est une création collective mettant en commun le travail de 25 personnes, que ce soit pour la scénarisation, la mise en scène, les costumes et la scénographie. Il faut l’avouer, il a ce petit quelque chose de joyeux et spontané, typique aux créations communes.

Little Beau Peep Show

Little Beau Peep Show

Le spectacle met en scène une suite d’histoires fantastiques, inspirées des contes de fées de notre enfance, soit Alice au pays des merveilles, La Petite Bergère, La Belle au bois dormant, Boucle d’or et les trois ours ou encore La Petite Sirène.

Rencontrés au Notre-Dame-des-Quilles le 9 juin, les cofondateurs Michael J McCarty et Julie Paquet nous ont confié leur vision du spectacle.

Dans un contexte humoristique et parodique, la performance « néoburlesque » ou « antiburlesque » propose des numéros qui s’éloignent du burlesque classique par le fait qu’ils sont moins aguicheurs, plus cocasses et qu’ils sont interprétés par des personnes de tous gabarits. Le burlesque typique étant plutôt le domaine des femmes voluptueuses, la compagnie Glam Gam propose sans discrimination des performances masculine et féminine diversifiées. Le but du spectacle est davantage de faire rire que d’aguicher le spectateur. Selon Julie Paquet, tous les corps peuvent être sexy. Se déshabiller sur scène donne un sentiment de puissance, de contrôle de soi, fait partie d’un processus d’acception de son corps et de ses différences. De même, lors de la première dans la salle comble du Café Cléopâtre le 8 juin 2013, l’audience est très diversifiée : gays, lesbiennes, « straigh », parent en visite, jeunes filles, habituées du cabaret…

Interrogé sur leurs origines et les origines de la troupe, Michael J McCarty nous répond que s’il a une formation théâtrale, ce n’est pas le cas de tous les membres de la troupe, certains sont des danseurs, chanteurs, performeurs de tout genre, mais que d’autres sont simplement des amateurs qui se sont joints progressivement au groupe. Ils donnent ainsi l’apparence d’être une troupe très liée présentant un spectacle lyrique basé sur la bonne humeur et la collaboration.  Quant à l’origine de celle-ci, elle s’est construite en 2009, autour de Julie Paquet et Michael J McCarty, qui présentaient déjà de courts morceaux burlesques lors d’événements spéciaux. Suite à un projet conduit au Café Cléopâtre par Mickael avec la compagnie Bad Taste Burlesque (dont proviennent plusieurs membres de Glam Gam), ils ont eu l’idée d’y présenter un spectacle complet : Tits The Season…To Be Naughty. L’an dernier, ils ont joué au Café Cléopâtre le spectacle original If looks can kill (un espèce de meurtre et mystère burlesque) toujours dans le cadre du festival Fringe. Ainsi, une relation particulière s’est tissée entre les performeurs des scènes marginales et le patron du Café Cléopâtre. Très pertinent par ses installations vintage, son permis de nudité et le riche contexte historique qui en émane, il semble que le lieu soit devenu une des plaques tournantes des performances « queers » et burlesques avec sa programmation incluant les spectacles du Fringe, du Zoofest, ainsi que des soirées récurrentes comme le Candy Ass Cabaret et le Cabaret cochonne.

Selon Julie, l’univers des contes de fées est très près du burlesque au départ, car il est déjà empreint de toutes sortes de sous-entendus sexuels. En effet, le côté pervers ou ambigu de certaines histoires les rend propres au détournement et c’est un des mandats du collectif de convertir, parodier, rendre sexuel ou « queer » des histoires traditionnelles. De plus, le conte servant de prémisse contextuelle, Alice au pays des merveilles permet de créer des liens entre les numéros, tout en « justifiant que ça ne fait pas de sens », comme l’exprime assez drôlement Mickael.

Quels sont les projets à venir avec Glam Gam? Nous aurons bientôt droit à un spectacle de variétés burlesque à l’occasion de l’Halloween et probablement un nouveau concept original pour l’an prochain au Fringe. En attendant, nous pouvons retrouver nos deux amis, très actifs sur la scène « underground » montréalaise, à leurs soirées mensuelles au Second Floor : Forever XXXI, proposant des performances sur la musique des années 90, et Bareoke, un karaoké très spécial.

On peut aussi voir Glam Glam dans la rue, lors de manifestations publiques. Cette année, la compagnie s’est associée au groupe Stella et au Girls Action Fondation pour organiser la première Sluts Walk montréalaise. Le collectif marque ainsi sa position pour le droit des femmes et des hommes à s’exprimer librement par leur corps tout en étant respectés.

The Little Beau Peep Show, jusqu’au 15 juin au Café Cléopâtre
www.montrealfringe.ca