L’chum à Chabot à La Licorne, deux fois plutôt qu’une!

par | 20 novembre 2013

par Gabrielle Brassard

Fabien Cloutier

Fabien Cloutier, crédit photo Maude Chauvin

Fabien Cloutier s’est entre autres fait connaître grâce à son célèbre conte urbain, en 2005, intitulé « Ous’qui é Chabot ». Depuis, les choses vont rondement pour l’auteur de Québec. Ces jours-ci, et ce, jusqu’au 13 décembre, il présente à La Licorne un doublé : ses deux pièces Cranbourne et Scotstown, parfois ensemble, parfois séparées, mais toutes les deux liées.

«L’chum à Chabot», le personnage des deux textes de Cloutier, a fait du chemin depuis la première fois où il a été présenté au public sur les planches de La Licorne. Cet antihéros, dont on suit les péripéties sur les routes du Québec, est à la fois attachant et détestable. Racontés dans un langage plutôt cru et plus proche du conte que du récit théâtral conventionnel, à la fois très drôle et un peu tragique, les textes de Cloutier ont un style bien à eux. « Il y a tellement de langue de bois autour de nous, je n’ai pas envie de ça. J’aime la langue que j’écris, ça me ressemble, et c’est avec elle que je me sens bien », explique le récipiendaire du prix Gratien-Gélinas en 2011 pour son texte Billy (les jours du hurlement). Même chose pour le fait d’être seul sur la scène : « J’adore être en solo. Je trouve que ça permet un plus grand dialogue avec le public, une plus grande proximité, une intimité avec lui, et c’est ce qui me fait triper », explique le dramaturge.

Scotstown, créé en 2009, a connu un franc succès, à Québec comme à Montréal. Cranbourne a suivi en 2011, finaliste au Prix Michel-Tremblay comme meilleur texte porté à la scène en 2011-2012. Cranbourne suit encore les aventures du « chum à Chabot », qui part cette fois à la quête du bonheur et de l’amour. « Je trouvais que je n’avais pas fait le tour de ce personnage, et j’avais envie de le faire évoluer sur la scène », explique Cloutier. « Cranbourne a une structure complètement différente de Scotstown, et les deux pièces sont indépendantes l’une de l’autre, mais Cranbourne incarne le pas que j’ai fait dans ma démarche théâtrale, une certaine maturité que j’ai acquise. Ça faisait aussi longtemps que je pensais à les présenter les deux ensemble », confie l’auteur.

Reprendre ses deux spectacles, qui constituent 28 représentations en 20 jours, est un défi pour l’auteur et le comédien, qui joue les deux rôles différemment. « Sur la scène, l’auteur n’est presque plus là. J’essaie de laisser toute la place au comédien. Jouer les deux spectacles en même temps, parfois les deux le même soir, c’est une longue run, mais c’est un beau défi. Je connais mes spectacles, mais je dois me les remettre dans le corps et dans la bouche », déclare Cloutier en riant.

Pourquoi deux noms de villages reculés du Québec pour y camper son personnage déjà mythique? « Ce sont des endroits que j’ai fréquentés quand j’étais petit. Je n’ai pas d’appartenance particulière à ces villages, ça aurait pu être d’autres noms de villages, mais je les ai choisis parce que ce sont des lieux qui me parlent et que je connais », explique-t-il.

Le comédien revient d’Allemagne, où Billy était monté sur les planches européennes. Plusieurs textes, un spectacle d’humour et des chroniques régulières à Radio-Canada sont dans le collimateur pour le comédien, qui s’apprête, après son doublé à La Licorne, à faire la première partie de Keith Kouna aux Coups de cœur francophones.

Pour les détails et l’horaire des pièces Scotstown et Cranbourne, visitez www.montheatre.qc.ca