FRINGE 2016 – Quoi voir? Les suggestions de MonTheatre

par | 26 mai 2016

Par Sara Thibault

home-2Du 30 mai au 19 juin se tiendra à Montréal la 26e édition du Fringe, un festival bilingue et interdisciplinaire d’origine écossaise (que l’on retrouve maintenant dans la plupart des grandes villes du monde) qui donne une tribune à plus de 500 artistes. Très bien implanté dans la communauté montréalaise, le Fringe prône l’accessibilité, autant pour le public que pour les créateurs. La programmation est construite à partir d’une sélection de projets artistiques soumis au cours de l’année précédente, que le public est amené à venir découvrir en primeur à faible coût.

Pleins feux sur cinq projets prometteurs de la programmation 2016 du festival, un classique à ne pas rater… et quelques titres dignes de mention!

Bâtardes

batardesÉcrite et conçue par Chloé, Fanny et Jade Barshee, la pièce Bâtardes consiste en une réflexion «autofictionnelle» sur l’identité de la part de sœurs tibéto-québécoises qui cherchent à fixer leurs origines et à trouver quoi répondre lorsqu’on leur demande d’où elles viennent.

Le spectacle, qui a bénéficié de l’apport de Pascal Brullemans comme conseiller dramaturgique, aborde les questions de filiation et d’héritage chez les individus d’origine mixte. En mélangeant des souvenirs, des passages poétiques et des prises de position tranchées, les sœurs Barshee proposent avec Bâtardes un spectacle composite et personnel qui permettra aux spectateurs de découvrir leur univers.

Bâtardes sera présenté du 9 au 18 juin à la salle Pauline McGibbon sur la rue St-Denis.

#Soif

SoifAvec le spectacle #Soif, quatre auteurs consacrés – Étienne Lepage, Francis Monty, Catherine Léger et François Archambault – exploitent le thème de l’amour moderne par le biais de la recherche de sens, de vérité et d’égalité dans les relations amoureuses. À l’ère de l’égocentrisme et du voyeurisme, des hommes et des femmes cherchent à exister sans avoir besoin du regard de l’autre.

La première production du Théâtre du flot cherche à poser un regard critique sur les travers amoureux d’une génération. Fascinés par le comportement autodestructeur de l’humain, les fondateurs de la compagnie, Joakim Lamoureux, Dominique Laniel et Marie-Laurence Boulet, ont choisi d’explorer l’évolution de la condition humaine à partir d’une sélection de courts textes hétéroclites et imagés.

Le spectacle #Soif sera présenté du 10 au 19 juin au Studio Jean-Valcourt du Conservatoire d’art dramatique de Montréal.

Akita

Akita-colourEn présentant le spectacle Akita, la compagnie La Bouilloire marque sa quatrième participation au Fringe. Prenant la forme d’une comédie dramatique glorifiant la performance canine et la musique orientale, la pièce raconte l’histoire de Camil, un toiletteur pour chiens marginal convaincu d’avoir un lien particulier avec un de ses anciens « clients » malheureusement décédé. Progressivement, Camil cherche à se rapprocher de l’ancien maître du chien, adopte des comportements canins, puis se substitue finalement à cet akita japonais dans la vie de l’homme. Une relation très étrange en vient donc à se tisser entre les deux personnages.

La pièce Akita a vu le jour au Festival du Jamais Lu 2015, lors d’une Classe de maître avec l’auteure Carole Fréchette. C’est à une version améliorée et grandie de plus d’un an de travail que nous convient les artistes de La Bouilloire avec la sixième création de leur répertoire, qui sera présentée du 9 au 19 juin à La Chapelle.

Les justes

les-justesFondé en 2010, le Théâtre Omnivore s’est déjà démarqué à plusieurs reprises sur les scènes de Montréal, que ce soit avec Coma Artificiel (2010), Les Troyennes (2014) ou Cabaret Omnivore (2015). Cette fois, c’est à la pièce Les Justes que la compagnie a choisi de s’attaquer. Écrite par Albert Camus, la pièce se base sur les faits historiques du 17 février 1905, alors qu’à Moscou, un attentat à la bombe est organisé par un groupe de socialistes révolutionnaires qui projette d’assassiner le grand-duc Sergei de Russie.

Parmi les huit interprètes issus du Collège Lionel-Groulx, du Conservatoire d’art dramatique de Montréal, de l’École supérieure de théâtre de l’UQÀM et de l’Institut d’État de l’Art, du Théâtre et du Cinéma de Kiev, mentionnons Sasha Samar, que l’on avait découvert dans Moi dans les ruines rouges du siècle, une pièce basée sur sa vie.

Les justes sera présenté du 9 au 19 juin à la Salle Multimédia du Conservatoire d’art dramatique de Montréal.

Howie le Rookie

Howie-le-Rookie-siteDu 10 au 19 juin, à la salle Jean-Claude Germain du Théâtre d’Aujourd’hui, T3 : Théâtre de trois présente la pièce Howie le Rookie, de l’auteur irlandais Mark O’Rowe, dans une traduction d’Olivier Choinière

À Dublin, Howie Lee et Rookie Lee se livrent un combat pour une affaire de contamination de matelas. Pour sauver leur honneur et assouvir leur désir de vengeance, les deux hommes s’engagent dans une course folle et trash dans les rues de la capitale. Les talents de conteurs de O’Rowe tiendront certainement le public en haleine, alors que les comédiens Tommy Lavallée et Jocelyn Lebeau se partageront ce monologue à deux voix.

La compagnie T3 : Théâtre de trois a l’habitude de prôner l’interdisciplinarité du théâtre avec la musique, la danse et les nouveaux médias, en plus de choisir un répertoire de pièces aux problématiques très contemporaines. Leur vision d’Howie le Rookie, pièce maintes fois récompensée par la critique, risque d’être originale et intelligente.

Ubu on the table

Ubu-on-the-tableCréé en 1998 par le Théâtre de la Pire Espèce, le spectacle Ubu sur la table est maintenant devenu un incontournable dans le paysage théâtral québécois. Olivier Ducas et Francis Monty manipulent tout un attirail d’objets de cuisine pour incarner les personnages inspirés de la pièce Ubu roi, d’Alfred Jarry. Cette fois, c’est à table que se joue le sort de la Pologne, alors que du pain, des tomates et de la mélasse servent à détourner les batailles déjà grotesques de la pièce de Jarry.

Ubu on the table sera présentée du 14 au 19 juin à La Chapelle dans sa version anglaise, marquant du même coup la 800e représentation du spectacle et la première participation de la Pire Espèce au Fringe.

D’autres titres à se mettre sous la dent :

À, du Théâtre de l’Embrasure, du 10 au 19 juin, Salle Jean-Claude Germain du Théâtre d’Aujourd’hui

Caisse 606 de La Fille du Laitier, du 9 au 19 juin, devant le parc FRINGE (Rachel / Saint-Laurent)

Mémoire sauvage, du Cimonac Productions, du 9 au 18 juin, Salle Jean-Claude Germain du Théâtre d’Aujourd’hui

Rashômon, du Théâtre Globe Bulle Rouge, du 11 au 19 juin, au MAI (Montréal, arts interculturels)

Toute la programmation au http://2016.montrealfringe.ca/

Bon festival !

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