Festival Marionnettes plein la rue – entrevue avec Évelyne Fournier

par | 21 août 2013

par Olivier Dumas

Évelyne Fournier, crédit photo Julie Durocher

Évelyne Fournier, crédit photo Julie Durocher

Il y a trois ans, la dynamique marionnettiste et directrice artistique Evelyne Fournier a approché le directeur général de la SDC Wellington, Billy Walsh, pour lui proposer la création d’un festival mettant en valeur l’art de la marionnette. La réaction fut spontanée, le Festival Marionnettes plein la rue voyait le jour. «Billy Walsh s’est montré très ouvert et emballé par la proposition», raconte-t-elle au bout du fil en pleine séance de gardiennage. En plus de permettre à ses collègues professionnels d’exposer aux curieux, autant du coin que d’ailleurs, leur amour pour le métier, elle désirait à ce moment-là (et veut toujours) pratiquer son métier près de chez elle avec les gens de son quartier et de la communauté.

L’événement a attiré, selon la principale intéressée et directrice artistique, beaucoup de spectateurs pour sa seconde édition en 2012. Pour la fin de semaine du 24 et 25 août prochain, 11 troupes québécoises, dont le Théâtre de la Dame de Cœur, Toxique Trottoir et La Simagrée, proposeront une trentaine de représentations gratuites pour toutes les tranches d’âge, sans oublier des ateliers pratiques. La ferveur et l’excitation ne mentent pas dans la voix de son instigatrice. Pour elle, mais aussi pour les collaborateurs et collaboratrices qui l’accompagneront durant cette fin de semaine. «Les marionnettistes ont très hâte de rencontrer leur public et d’entendre des réactions enthousiastes», souligne Évelyne Fournier.

fest_marionnettes1La professionnelle qui s’est perfectionnée entre les murs de l’UQÀM témoigne de son engouement pour sa pratique théâtrale qui ne s’adresse pas qu’aux enfants, comme le laissent croire certains préjugés à la vie tenace. Elle perçoit la marionnette comme un objet autonome en soi, «ressemblant à un petit enfant magique qui vit par lui-même, une forme de petite bestiole bien travaillée qui peut raconter toutes sortes d’histoires et vivre des aventures qu’une personne en chair et en os ne pourrait pas, comme se démembrer, mourir en pleine représentation ou voler dans les airs.» Cette forme artistique expose et exprime à chaque fois, selon ses dires, un univers différent et une prise de position sur le monde.

Plusieurs variétés de marionnettes seront présentes: des figures à dimensions géantes, d’autres plus petites à gaine, à tige ou manipulées à vue croiseront le fer avec des créatures plus hétéroclites conçues notamment avec des sacs de plastique. Une expérience déambulatoire avec une improvisation par une cinquantaine de marionnettes risque d’en intriguer plusieurs.

fest_marionnettes2La proximité entre l’art et les artères principales de la rue Wellington constitue l’une des caractéristiques de ce festival avec ses chapiteaux près de la rue afin d’attirer l’œil et le regard du public. Un stationnement souterrain sera même transformé en salle de spectacle. Le désir de rapprocher la marionnette de la vie et du quotidien des gens s’accompagne d’une volonté de s’écrire dans un territoire concret. «En plus de piquer leur curiosité, nous pouvons leur dire qu’il se passe des choses à Verdun.» Jusqu’à présent, de nombreuses familles du coin ont manifesté leur appréciation positive et leurs encouragements à persévérer, malgré un avenir incertain pour ces praticiens, entre autres après la disparition récente du festival international des arts de la marionnette, au Saguenay.

Des idées émergent déjà pour une quatrième année. Mais pour les prochains jours, l’énergie d’Évelyne Fournier sera tournée vers les nombreuses productions qui envahiront les espaces publics de la Wellington, dont une brasserie artisanale. Les spectacles de la Dame de Cœur et ceux des finissants du Diplôme d’études supérieures spécialisées en théâtre de marionnettes contemporain de l’UQÀM (Des souris ou des hommes, Carmen et Iulian Bulencea) comptent parmi ses coups de cœur de cette troisième édition de Festival Marionnettes plein la rue. Mais la créatrice-conceptrice espère particulièrement que les gens diront tous un «wow» avec leurs bouches, leurs yeux et leurs cœurs.

Festival Marionnettes plein la rue, 24-25 août 2013, sur la rue Wellington à Verdun
http://www.promenadewellington.com/news/article/33/pouvoir-aux-marionnettes-festival-de-marionnettes-plein-la-rue

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A propos Olivier Dumas

Entre la ferveur, la curiosité et l’interrogation, Olivier Dumas veut toujours porter un regard empreint de passion, ludique ou engagé, sur cet art qualifié trop souvent d’éphémère. Il suit le théâtre depuis l’âge de douze ans, il a maintenant presque le triple. C’est en 2004 qu’il prend la parole à CHOQ.FM et la plume au Montréal Campus pour témoigner de son amour indéfectible pour les arts de la scène. À MonTheatre.qc.ca, il souhaite poursuivre son désir de s’émouvoir, de critiquer sans complaisance et d’approfondir l’un des derniers lieux susceptibles d’extirper l’humain de ses certitudes, de ses zones de confort. Journaliste, recherchiste, futur archiviste et bête curieuse de tout, Olivier croit au pouvoir rédempteur de l’art dans une société trop souvent dégueulasse pour les âmes sensibles.