Du Mexique au Québec : entrevue avec Linda Laplante pour Chaîne de montage

par | 29 octobre 2014

par Gabrielle Brassard

Crédit photo Julie Rivard

Crédit photo Julie Rivard

Linda Laplante monte en solo sur les planches du Quat’sous cette semaine afin de raconter l’histoire de Chaîne de montage, de Suzanne Lebeau, qui témoigne notamment des femmes assassinées dans la ville de Juárez, au Mexique. Entrevue avec la comédienne, à quelques jours de la première.

 

Monthéâtre : Chaîne de montage est votre premier spectacle solo. Comment vous sentez-vous, comme vous préparez-vous à cela?

Linda Laplante : J’ai déjà eu des rôles principaux dans des pièces, donc je tente de le prendre de la même façon. Je ne veux pas me rajouter un stress de plus parce que je suis seule sur la scène. Mon premier travail, c’est d’apprendre le texte, et ensuite, de le livrer du mieux que je peux. C’est sûr que je n’ai pas de partenaires de jeu, mais j’ai fait un travail très serré avec Gervais Gaudreault (metteur en scène).

MT : Comment êtes-vous arrivée dans cette production?

L.L. : J’avais déjà travaillé plusieurs fois avec Gervais (Gaudreault) et nous sommes de bons amis. Je crois qu’Éric Jean (directeur artistique du Quat’sous) et lui ont réfléchi ensemble à qui ils pouvaient offrir le rôle, et c’est moi qui l’ai remporté. J’aime aussi beaucoup l’écriture de Suzanne Lebeau. Elle écrit très bien, de façon très poétique.

MT : Chaîne de montage parle d’une histoire assez tragique, lourde, et inspirée de faits réels. Comment fait-on pour raconter une telle histoire?

L.L. : Très honnêtement, avant de lire le texte, je n’étais pas au courant de cette histoire. J’ai donc fait des recherches, en lisant quelques articles sur le sujet, mais pas trop non plus. Je voulais plutôt pouvoir m’imprégner des mots de Suzanne pour raconter cette histoire, que je tente de livrer bien simplement, sans artifice.

La mise en scène est dépouillée et, donc, c’est dans le « dire » que ça se passe. J’ai aussi tenté de prendre un certain recul par rapport aux événements, pour pouvoir m’approprier le texte, qui est plutôt lourd et dense.

MT : Que voulez-vous dire au public, que voulez-vous qu’il retienne du spectacle?

L.L: Même si c’est une histoire vraie, il s’agit d’un genre de long poème raconté. L’idée, ce n’est pas de dénoncer ou de faire sentir coupable les gens, mais plutôt de questionner. Notre rapport à la consommation, aux objets. Même si l’histoire se passe loin de nous, on pourrait se dire que c’est intéressant au lieu de s’en foutre, et de voir ce que l’on peut en retirer.

J’espère que les gens vont sortir du spectacle en se posant des questions par rapport à tout ça.

 

Chaîne de montage du 27 octobre au 21 novembre 2014, au Quat’sous

Une réflexion au sujet de « Du Mexique au Québec : entrevue avec Linda Laplante pour Chaîne de montage »

Les commentaires sont fermés.