Dompteur : dans l’arène de l’improvisation

par | 7 mars 2016

par Marie Pâris

Le théâtre, c’est un sport. C’est vraiment ce qu’on se dit à regarder ces quatre acteurs improviser, bouger, s’arrêter, bouger, crier, réfléchir un quart de seconde, se relancer en scène, grimper, parler fort, parler tout bas… Pendant plus d’une heure, les comédiens-lions se démènent sous les consignes de Frédéric Barbusci, le «dompteur» des Productions de l’Instable.

Armé d’une canne, la voix autoritaire, ce dernier guide ses comédiens en leur donnant une situation pour commencer un sketch, puis les oriente au fil de l’improvisation avec des consignes sur leur voix, leur ton, leur personnage ou le déroulement de la scène. «Je donne mes consignes en fonction de ce que je vois, indique Frédéric Barbusci, j’explore le potentiel des comédiens. »

Source, page Facebook de la compagnie

Source, page Facebook de la compagnie

Et place au théâtre libre. On peut observer dans la spontanéité des acteurs leur créativité et leur jeu naturel se dessiner. Ainsi, Monia Chokri est dans un jeu plus minimaliste, et fait l’économie des mots en se concentrant plus sur les expressions de visage et les intonations ; elle parle peu, mais frappe fort. Anne-Elizabeth Bossé joue sur sa voix et plonge volontiers dans la comédie.

Quant à Simon Rousseau, on sent chez lui une habitude de l’impro, au vu de l’attention qu’il parvient à maintenir sur les répliques de ses comparses et de l’habilité qu’il a à rebondir sur leur jeu. Enfin, Olivier Morin est à l’aise, riant volontiers avec le public, et poussant la chansonnette à plusieurs occasions. Des impros plutôt harmonieuses, qui reposent sur la belle complicité entre les quatre comédiens.

«Je m’amuse avec mes consignes, car ce n’est pas à moi de jouer en fonction d’elles, mais aux acteurs, et eux n’ont pas peur de se laisser aller car ils ne font que suivre mes indications et n’en sont pas responsables ! On se lâche tous…», explique Frédéric Barbusci. Comme souvent dans l’impro, on tombe beaucoup dans la comédie et le rire, mais on se rend aussi compte à quel point l’exercice n’est pas facile.

On se sent comme au cirque, quand on regarde l’acrobate qui s’apprête à sauter de son trapèze : on ressent une angoisse empathique, mais aussi un soulagement d’être dans le public… Bref, entre ces acteurs et leur dompteur à l’attention tout le temps vive et réactive, on a assisté, à Montréal Improv, à un bel exercice de haute voltige.

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