Dévoilement de la 8e édition des Trois jours de Casteliers

par | 29 novembre 2012

par David Lefebvre

Bastard! – Photo de Jaka Ivanc

Mercredi dernier, alors que la neige cessait doucement de tomber pour une première fois sur la métropole, Casteliers dévoilait la programmation de la 8e édition du festival Trois jours de Casteliers, qui aura lieu du 7 au 10 mars 2013.

Cette année, dix spectacles seront présentés à quatre endroits différents, soit au Théâtre Outremont, à l’École Paul-Gérin-Lajoie-d’Outremont, chez Oboro et à la Maison Smith, située dans le parc du Mont-Royal. Cinq pièces sont destinées aux adultes et cinq pour le jeune public. Petit aperçu :

Adulte:
Bastard! du Dudapaiva Company (Pays-Bas) – ce spectacle ouvrira le festival, et à voir la réaction du public lors du dévoilement, sera très attendu ;
Les vertus de la marionnette idéale & ombre claire, du Théâtre du mouvement (France)
Le fil blanc, du Théâtre Incliné (Laval)
Strict minimum, du Théâtre À bout portant (Saguenay)
(Dé)Cousu(es), d’Émilie Racine (Montréal)

Jeune public
Patate doit prendre son bain, de Shona Reppe (Écosse)
Le cadeau de la cigogne, du Stalo Teatras (Lituanie)
L’après-midi d’un foehn – v.1, de la Compagnie Non Nova (France)
Concerto au sol, de l’électro-acousticien Félix Boisvert (Montréal)
Luna, dans les yeux de mon père, du Théâtre Motus (Longueuil)

L’après-midi d’un foehn – Photo Jean-Luc Beaujault

De plus, les festivaliers pourront retrouver avec plaisir les marionnettes de différents concepteurs au travers des vitrines des boutiques du quartier, une activité l’an dernier qui avait beaucoup plu, prenant parfois des allures de chasse au trésor. Et cette année, il y a de quoi parler de trésor : quelques fabuleuses créatures du concepteur canadien Ronnie Burkett seront à l’honneur lors d’une exposition destinée au grand marionnettiste. Il donnera aussi une classe de maître lors du festival. On retrouvera avec plaisir un café-causerie, qui permettra de découvrir quelques nouvelles créations en gestation et de dialoguer avec les concepteurs, d’assister au documentaire Le temple de la marionnette, un film se penchant sur le plus grand festival de marionnettes au monde, celui de Charleville-Mézières, en France, de voir quelques courtes formes et de participer à des tables rondes.

Le comédien Carl Béchard est de retour pour une deuxième année en tant que porte-parole de l’événement.

Site Web : festival.casteliers.ca

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Après le lancement de la programmation, j’ai pu assister, lors du Ciné-Casteliers, au magnifique film Rehearsal for A Sicilian Tragedy, du réalisateur Roman Paska (qui était sur place pour répondre aux questions, très généreux de son temps) et du comédien italo-américain John Turturro. Ce rapprochant davantage de l’essai cinématographique que du documentaire, Rehearsal for A Sicilian Tragedy invite les spectateurs à explorer les traditions de la Sicile, par l’entremise du maestro Mimmo Cuticchio, l’un des rares praticiens du théâtre de marionnettes traditionnel, et du comédien Vincenzo Pirrotta. Tourné durant les préparatifs de la journée des morts (autour du 2 novembre), le film nous permet d’entrer en contact avec une culture qui disparait, mais qui pourtant reste profondément enracinée au coeur des habitants de la Sicile. La mort et la marionnette sont des sujets ici intimement reliés, que Paska filme et décrit avec beaucoup de respect et de curiosité, voire d’émerveillement. Il est fabuleux, tout au long du film, d’entendre, entre autres, les réflexions de l’auteur Andrea Camilleri sur la tradition, la Fête des morts et l’Italie, et de voir plusieurs générations de Siciliens, de soeurs prenant soin d’un vieux couvent jusqu’à des jeunes filles désirant devenir comédiennes.

Le film devrait être disponible en format physique ou par l’entremise de certains canaux à partir de la mi-janvier. À voir absolument.

Je voudrais sincèrement remercier Casteliers et, spécialement, la directrice générale Louise Lapointe qui m’accueillent toujours avec joie, chaleur et sincérité. C’est toujours grandement apprécié. Le journaliste-critique que je suis, en plus de pouvoir continuer de s’émerveiller devant les nombreux spectacles de marionnettes comme un gamin, peut aussi, en tant qu’adulte, enrichir sa culture, et ce, de la plus plaisante manière qui soit. Merci.