Belzébrute à Charleville-Mézières, partie 8 – Les attentes…

Par Jocelyn de Belzébrute band de théâtre
Collaboration spéciale

Avant de partir vers un grand festival comme celui-ci, on se crée bien malgré nous de nombreuses attentes. Il y a les attentes professionnelles, ces objectifs que nous nous fixons et que nous tentons d’atteindre avec énergie. Il y a aussi les attentes provoquées par les quelques personnes qui sont déjà passées par là, et qui nous décrivent le festival comme une fête à n’en plus finir et comme un lieu de tous les possibles.

C’est un classique : trop d’attentes peut entraîner une déception. Mais oh là! il ne faut pas penser que je suis déçu, et vous comprendrez plus bas pourquoi. Mais disons qu’il faut apprendre à ne pas se faire trop d’attentes pour se laisser gagner par l’événement. Aller à sa rencontre au lieu d’attendre de découvrir ce que les autres y ont vu.

Sur les ondes de Radio Festival

Sur les ondes de Radio Festival

On y était venu pour rencontrer des programmateurs et des agents d’artistes. Pour l’instant c’est pas « les gros chars », comme on dit chez nous. On a donc pris le taureau par les cornes et on tente de se faire voir le plus possible. Nous avons fait une entrevue radio, nous sommes allés porter des communiqués directement aux journalistes et avons participé au lancement de la revue Marionnette de l’AQM (Association québécoise des marionnettistes). Mais toujours pas de programmateurs… Mais tout de même, un partage mémorable avec tous les Québécois présents. On y a trouvé l’esprit de la famille, il y a des liens qui se tissent mieux à l’étranger.

On y était venu pour la grande fête de la marionnette et on y a trouvé un gros party scindé en deux, voir trois ou quatre. Il y a une rivalité un peu déplaisante entre le IN et le OFF. Nous participons aux deux événements, donc on entend toutes sortes de choses des uns qui parlent contre les autres. Et ça c’est sans parler de ceux qui sont OUT, donc dans aucune programmation! Tout ça pour dire qu’on a l’impression d’assister à une chicane de famille. Pour les uns, le IN est devenu trop cher ou trop prétentieux, on le snob. Pour  les autres, le OFF est un fourre-tout ou trop « populaire », alors on le snob… Bref, une rivalité Canadien-Nordique de style Fringe contre OFFTA.

Mais au fond de tout ça, il y a ceux qui s’en balance. OFF, IN, OUT… L’important c’est la rencontre, le plaisir de se voir. C’est quand même un peu triste qu’une guéguerre jette une ombre sur un si beau festival. Nous on veut juste être content. Et au final, on l’est!

Oui bon, je dresse un portrait un peu gris de notre expérience, mais c’est pour mettre en relief toute la couleur! Parce qu’on vit des moments inoubliables. Des moments qu’on ne pouvait pas prévoir et qui dépassent toutes nos attentes. Cette générosité sans borne de Pascale et Michel qui nous logent, l’amour du public qui rit à grands éclats à chacun de nos spectacle, le plaisir véritablement renouvelé de jouer Shavirez (on a tellement de fous rires!). Et surtout celui de vivre ce festival à notre façon, en le découvrant dans toutes ses contradictions, ça me fait vraiment vibrer.

On vient d'apprendre que nous sommes le COUP DE COEUR du Off!

On vient d’apprendre que nous sommes le COUP DE COEUR du Off!

Et puis, bon, on va vous le dire, le Festival Off nous aime. Le jury vient tout juste de nous décerner son Prix COUP DE COEUR. Programmateur ou pas, on a eu encore plus que ce qu’on aurait espéré : de l’amour, rien que ça, de l’amour.

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