Belzébrute à Charleville-Mézières, partie 7 – Et c’est un départ!

Par Amélie de Belzébrute band de théâtre
Collaboration spéciale

Voilà trop longtemps que je vous ai écrit. C’est que le tourbillon du Festival nous a complètement aspirés!

Ça fait maintenant 4 jours que les festivités sont commencées et que les marionnettes ont littéralement envahi Charleville ; il n’y a pas un coin de rue du centre qui soit sans marionnette! C’est franchement impressionnant et inspirant. Des compagnies d’un peu partout à travers le monde investissent les salles et les pavés, les péniches et toutes sortes de lieux insolites avec des propositions « marionnettiques » des plus diverses.

Shavirez dans une biblio (avec en prime un électricien qui tente de corriger le buzz d'un néon qui dérange beaucoup trop la directrice de la biblio!)

Shavirez dans une biblio (avec en prime un électricien qui tente de corriger le buzz d’un néon qui dérange beaucoup trop la directrice de la biblio!)

Nous on n'a pas respecté le silence :)

Nous on n’a pas respecté le silence 🙂

De notre côté, le festival a démarré, disons, plutôt en douceur… Vendredi 10h nous avions notre première représentation (pauvres Éric et Marie-Ève qui arrivaient tout juste du Québec et baignaient encore dans leur décalage horaire!). Dans une bibliothèque d’un quartier plutôt défavorisé et loin du centre. Un vendredi matin. Tout plein de facteurs qui ont fait en sorte que nous avons joué devant un gros 7 personnes… Et dans cette même représentation du matin, notre table a craqué au centre et la bretelle de mon accordéon a lâché (un accordéon que j’ai emprunté à une amie de la famille et qui appartenait à son père marin norvégien. Le genre de prêt que finalement tu redoutes un peu parce que tu as trop peur de le briser…!)  On ne peut pas dire que ça commençait en force. Je dois dire que j’ai eu un petit moment de doute à savoir si nos salles se rempliraient et qu’on réussiraient à se faire remarquer. Ah! le doute qui nous assaille quand l’inconnu se dresse devant nous. Mais bon, au moins on a pu faire tout plein de bruit dans une biblio, et ça, c’était réjouissant 🙂

Rensky qui boit trop!

Rensky qui boit trop!

Le festival, en fait, a véritablement commencé pour nous le samedi. Il faisait beau et il y avait un monde fou sur la grande place – ah oui, pour vous rassurer, on a fait une réparation d’urgence à la table et j’ai pu faire réparer en vitesse ma bretelle d’accordéon chez un gentil cordonnier. Fiou! C’était l’occasion idéal pour attirer les gens à venir voir notre show et c’est ce qu’on a fait. Le soir-même, nous jouions 2 représentations « back to back » et disons qu’on avait le goût de le faire devant plus de 10 personnes! Alors, on est allé faire du « flyering », comme on dit dans le jargon de festival (distribuer des dépliants dans la rue). Et ça a porté fruit! Nos deux shows étaient SOLD OUT! Et on a donné des shows de feu! Tsé, quand tu sens que la foule a le goût de rire, de s’amuser, tu te donnes à fond. Et tu reçois beaucoup du public. On était crevé-ravi après ces 2 représentations.

Champagne au Puppet Bar!

Champagne au Puppet Bar!

Et hier soir, nous jouions au Garden Ice Café, un resto bar en plein coeur de la Place Ducale, LA grande place du Festival. Bon, c’est sûr que c’est loin d’être le lieu le plus propice pour faire un spectacle bien verbeux. Petite musique de fond, bruit de fourchettes et de conversations. Bref, beaucoup d’éléments perturbateurs à la concentration. Sauf que le public, lui, était franchement bien au rendez-vous et ne s’est pas du tout laissé distraire par tous ces parasites. Deux belles représentations, une fois de plus sold-out! Les gens sont somme toute généreux et on se fait de bien beaux chapeaux… De quoi se payer le champagne au Puppet bar après le spectacle. Avouez que boire du champagne en Champagne-Ardennes, c’est pas si mal! Dure dure la vie de marionnettistes!

Une compagnie italienne des plus charmantes!

Une charmante compagnie italienne!

On en profite pour aller voir des spectacles. L’offre est tellement immense qu ‘il est dur de faire des choix. Mais je dois dire que jusqu’à présent j’ai de loin préféré les shows présentés en Off (et même Off du Off) que ceux du In. Pour ce que j’ai vu dans le In, ça se prenait franchement trop au sérieux. On sent qu’il y a une « guéguerre » entre le In et le Off, ce sont pratiquement deux festivals différents. Deux mentalités différentes aussi. Mais bon, on fait fi de tout ça et on s’amuse bien! On fait de belles rencontres aussi. Et ça c’est précieux.

Demain, c’est congé et ce sera bien mérité parce que mon dos est en compote et la voix des gars est pratiquement disparue. On se paie une petite escapade en Belgique. Ben oui, on va manger du bon chocolat avec de la bonne bière! Je vous le dis, c’est dure, dure, la vie de marionnettiste 🙂