Une création québécoise de Michel Tremblay
mise en scène d'André Brassard
avec
Violette Chauveau
Rita Lafontaine
Isabel Richer
Sylvain Bélanger
Vincent Giroux
" L'histoire d'un amour, c'est le drame
de sa lutte contre le temps. "
Paul GéraldyMontréal, 1930.
Nous sommes en pleine crise économique.
Albertine a 20 ans. Malgré son jeune âge, elle travaille comme serveuse pour subvenir aux besoins de sa famille en remplacement d'un père alcoolique plus souvent à la taverne qu'à la maison.
Albertine caressait secrètement un rêve : celui de vivre un grand amour, un amour immense partagé, avec un homme à qui elle se donnerait toute entière et pour toute la vie. Albertine n'est pas faite pour les petits bonheurs d'occasion. À ses yeux, l'amour est exigeant, exclusif, total, comme dans les plus beaux films romantiques.
Un jour, elle a rencontré Alex, un jeune homme de 23 ans, et elle a cru son rêve réalisé!
Folle d'amour, Albertine s'est jetée de toute son âme possessive et jalouse dans cette passion dévorante qu'elle croyait éternelle.
Mais Alex, ne pouvant supporter l'amour étouffant d'Albertine, la laissera. Ravagée, le cur brisé, incapable d'accepter la réalité malgré les conseils de sa mère, de sa sur et de son frère, Albertine, obsédée, vindicative, se sentant incomprise et seule au monde, va dorénavant mettre toute son énergie et son entêtement à faire payer à son entourage son dépit amoureux.
Le Passé antérieur, un règlement de compte impitoyable, une descente aux enfers dans l'âme torturée d'une jeune fille brisée par l'amour et obnubilée par la vengeance.
Victoire :
Tu vas nous faire payer ton échec?
Albertine :
J'vas vous faire payer d'avoir refusé de me comprendre!
Victoire :
Y faudrait que l'univers change pour que le monde soit comme tu voudrais qu'y soit?
Albertine :
Oui Je vas devenir comme un diamant noir. Dure, pis noire Tout est fini avant de commencer!
par David Lefebvre
Qui ne connaît pas Albertine, cette femme d'Hochelaga, que Michel Tremblay a utilisé dans certains de ces plus grands romans et dans une pièce fabuleuse, Albertine en cinq temps. Voilà que pour une autre pièce, Tremblay nous ramène dans la vie de cette femme, mais dans son passé, lorsqu'elle a vingt ans.
Malgré son jeune âge, elle travaille comme serveuse pour subvenir aux besoins de sa famille en remplacement d'un père alcoolique plus souvent à la taverne qu'à la maison. Albertine caressait secrètement un rêve : celui de vivre un grand amour, un amour immense partagé, avec un homme à qui elle se donnerait toute entière et pour toute la vie. Albertine n'est pas faite pour les petits bonheurs d'occasion. À ses yeux, l'amour est exigeant, exclusif, total, comme dans les plus beaux films romantiques. Un jour, elle a rencontré Alex, un jeune homme de 23 ans, et elle a cru son rêve réalisé! Folle d'amour, Albertine s'est jetée de toute son âme possessive et jalouse dans cette passion dévorante qu'elle croyait éternelle. Mais Alex, ne pouvant supporter l'amour étouffant d'Albertine, la laissera. Ravagée, le cur brisé, incapable d'accepter la réalité malgré les conseils de sa mère, de sa sur et de son frère, Albertine, obsédée, vindicative, se sentant incomprise et seule au monde, va dorénavant mettre toute son énergie et son entêtement à faire payer à son entourage son dépit amoureux et a essayé de reconquérir Alex.
Voilà la base, le début de ce spectacle. Tout débute avec un montage vidéo de vieux films des années 30. Puis on voit Albertine (surnommée Bartine), ressemblant étrangement à ces actrices (Greta Garbo par exemple). Violette Chauveau est parfaite en Albertine vindicatrice et enfant gâtée, qui s'engouffre de plus en plus dans son jeu de "jeune femme en peine d'amour-de-fin-du-monde", qui veut tout, tout de suite. Et que dire de Rita Lafontaine, qui incarne sa mère! Le frère de Bartine, (Vincent Giroux), le futur "mon oncle Édouard", est génial et drôle. Par contre, c'est le rôle de la soeur d'Albertine, Madeleine, qui est le plus difficile à "accepter". Pourtant, Isabel Richer donne une excellente performance, mais il est difficile d'imaginer qu'elle a 18 ans, avec ses manières, sa coiffure et son sens des responsabilités. Il faut dire que nous sommes en 1930 et que les femmes se doivent d'être matures rapidement. Le huis clos des personnages est bien orchestré, nous montrant la descente aux enfers de ce personnage maintenant connu des Québécois. Elle qui donnerait tout et qui veut qu'on lui donne tout, voilà sa façon (malsaine) de voir l'amour. Elle se le fera dire assez rapidement par Alex (Sylvain Bélanger), même si sa mère, sa soeur et son frère ont essayé sans succès. Tout le débat familial y passe, mais ne s'enlise pas dans le pathétique. Le texte reste drôle et fait mouche plus souvent qu'autrement.
Le sol est un immense cercle qui bouge, et qui nous donne deux décors: celui de la cave, avec le charbon, et celui du rez-de-chaussée, avec un divan et une radio. Un escalier et des fenêtres complètent le décor, savamment imaginé.
François Barbeau a fait un travail correct aux costumes, André Brassard a su donner vie encore une fois avec amour et délectation aux personnages de Tremblay. Le texte est drôle, riche; du grand Tremblay.
À voir, même si vous n'avez pas vu ou lu sur Albertine. Et je dois ajouter que sûrement plusieurs femmes se reconnaitront dans les crises et la façon de pensée très adolescente d'Albertine...